Revue Etho-logique
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les fonctions comportementales chez le cheval

Conférence de JC BARREY à Dijon

lundi 1er mars 2004, par Marianne Maupy

Compte rendu à partir de notes personnelles, il ne s’agit absolument pas d’une méthode d’éducation ou d’équitation mais de réalités scientifiques en l’état actuel des connaissances éthologiques relatives au cheval.
J’ai souhaité retranscrire une approche scientifique de l’animal accessible à ceux qui ont une pratique équestre courante et qui n’ont pas forcément de connaissance zoonomique du cheval.

M. Barrey étudie les chevaux depuis 30 ans. Il enseigne en éthologie équine et humaine. Il est directeur de la station de recherche de Saint-Sauveur en Puisaye. Il travaille sur des groupes de chevaux d’une quarantaine d’individus, notamment sur une période de 12 ans en observation simultanée sur 2 groupes sociaux complets (1 étalon + un harem constitué de juments suitées ou non et de jeunes mâles). Il précise qu’une espèce domestique ne peut être étudiée de façon sérieuse sans des connaissances approfondies sur la souche sauvage de cette espèce. C’est pour cela qu’il appuie ses recherches sur celle de Claudia Fey, spécialiste du cheval sauvage et dont la station de recherche est basée en Camargue. Cette éthologue est chargée de la réintroduction du cheval de Prévalski en Mongolie.

Il ajoute que la connaissance biologique étendue à plusieurs espèces en y incluant leur évolution est aussi une condition sine qua none d’une logique éthologique et scientifique, à laquelle s’ajoutent les connaissances en neuro-physiologie, en génétique, en biologie animale…. Il indique que l’observation d’un seul individu permet accessoirement d’établir un éthogramme de celui ci mais ne permet en aucun cas la compréhension d’une espèce.

"l’observation éthologique vise à étudier des comportements non altéré avec minutie sans aucune intervention. Puis par modification infime de l’environnement pour évaluer la véracité de l’analyse."

Modifications génétiques entre le sauvage et le domestique

Le cheval de Prevalski est le seul cheval sauvage existant. La race n’est pourtant pas tout à fait "pure" car il y a beaucoup de consanguinité, conséquence du nombre réduit d’individus disponibles à l’origine du travail de réintroduction en milieu naturel. Cependant, les comportements sauvages de l’espèce avaient été préservés et la réintroduction semble un succès. Les mustangs ne sont que des chevaux domestiques échappés à la colonisation du territoire américain. Il est à noter que leur "style de vie" est totalement déstructuré, le gigantisme des troupeaux n’étant absolument pas le reflet des comportements de l’espèce (sauvage ou domestique) et interdisant toute cohérence de fonctionnement. La différence fondamentale entre la souche sauvage et l’animal domestique est la néoténie.

….vers la néoténie.

A l’âge adulte, l’animal sauvage, quelle que soit l’espèce, n’apprend plus rien. Son système nerveux est "refermé" contrairement à l’animal domestique. Ce processus est l’hétérochronie. "Une horloge interne de fonctionnement des chromosomes" en quelque sorte. Chez l’espèce domestique ces mêmes chromosomes continuent à fonctionner ou s’arrêtent bien plus tardivement.

Chez l’humain, le cerveau associatif permet la pensée abstraite, cette partie du cerveau a été acquise en 3 couches successives au cours de l’évolution. Ces couches sont absentes chez l’animal (hors primates supérieurs). Le caractère néoténique est en fait la conservation des caractères juvéniles, donc des aptitudes à l’apprentissage.

L’autre souche sauvage proche du cheval est le Tarpan, cousin du Préwalski, dont il diffère " de quelques gènes". De la souche sauvage du Tarpan est apparu par mutation génétique, une autre branche néoténique à l’origine de la totalité des chevaux domestiques actuels, du Shetland au Percheron !

On ne peut pas recréer une espèce disparue, ainsi le Tarpan que l’on trouve aujourd’hui n’en a que l’apparence physique. Les programmes comportementaux propres sont impossibles à retrouver.

La domestication est donc liée à cette mutation génétique.

Chez les petits de toutes espèces, on peut entrer en communication.

On observe l’ouverture de reconnaissance inter-espèces chez l’animal domestique

Le cheval domestique

Biotope originel : la steppe. Pourtant à l’origine le cheval vivait en forêt, il était petit et se nourrissait de feuilles, de branches d’écorces, il grandit et la forêt n’est plus un milieu adapté à sa taille, il devient donc un animal de steppe.

En milieu sauvage, le cheval évolue dans un milieu ouvert, c’est un herbivore de plaine.
Chez le domestique on retrouve donc cette notion que toute barrière est considérée comme une agression. On retrouve aussi la consommation de feuillages ou d’écorces.

Les besoins : 60 kg d’herbe par jour pour un cheval moyen mobilisant 15 heures de son activité avec déplacement = environ 10 000 à 12 000 coups de mâchoires et 4 à 10 km parcouru. Les neuro-transmetteurs attestent de la satisfaction du besoin. Le déficit de l’activité P.A.S (programme d’actions spontanées) réoriente le comportement vers des dérivatifs (grattage, consommation des mobilier en bois, tics…).
La courbe de poids d’un cheval dans la nature varie tout au long de l’année.

La structure prédateur/proie est réductrice quant au rapport cheval/homme. On est ni prédateur ni proie tout au long de sa vie et de son activité quotidienne. De plus le prédateur mange de la viande vivante. L’homme mange de la viande morte. Il est charognard (pas péjoratif). De son côté le cheval dans son groupe est peu attaqué, et si un cheval isolé est condamné, il est rarement en danger à l’intérieur du groupe car les prédateur n’attaque pas un groupe d’individus mais un sujet isolé.

Il est donc impératif d’exclure ce schéma proie/prédateur.

Le cerveau du cheval est constitué de zones :

L’archaïque ou reptilien -> fonctions vitales, mécaniques

Système lymbique ou cerveau moyen -> émotions, apprentissage à long terme, développement de stratégies (cette zone apparaît à partir des oiseaux jusqu’aux mammifères supérieurs, elle est extrêmement développée chez le cheval, il l’utilise pour orienter ses décisions, c’est une zone pilote chez lui)

Cortex sensoriel et moteur -> locomotion, perception

(le néo-cortex associatif est peu présent chez le cheval et dominant chez les primates supérieurs, ce sont les couches supérieures du cerveau dont le cheval est dépourvu)

Le cheval n’atteint donc pas le stade de la causalité, il atteint le stade précédent : la continuité. Les stimulus proches, l’association mais pas les notions de cause à effet. Exemple : il sait bidouiller le verrou de son box pour ouvrir la porte, il a associé le verrou à l’ouverture mais il ne comprend pas comment celui ci fonctionne mécaniquement parlant. Donc il le bidouille, la porte s’ouvre….gagné !!!!

La téléonomie est l’apprentissage favorable à l’espèce mais non transmis génétiquement.
Exemple : la meute de loup hurle au loin, puis elle déboule et le poulain se fait pourchasser. Aux prochains hurlements, le poulain s’enfuit sans attendre. Le poulain seul ne fuira que s’il a l’expérience de l’agression et ne saura identifier le hurlement de la meute instinctivement, par contre au milieu des adultes, il apprend à fuir au signal parce que les "grands" le font (ontogenèse).

Organisation : 300 à 500 hectares sont nécessaires à la manifestation de comportements naturels, il faut éviter la limitation territoriale pour l’observation. Le cheval "colonise" tout ce qui est accessible, en dessous de 300 hectares, il est "comprimé".

Spontanément l’organisation normale est : 1 étalon et un harem de 1 à 3 juments + jeunes (environ 10 individus pour un groupe)

Vers 18 mois les mâles partent (rivalité avec l’étalon, rejet du groupe). Les jeunes mâles se regroupent en périphérie (une dizaine d’individus). Ces groupes satellites sont des "réservoirs de reproducteurs". La jument ou pouliche effectue des sorties du groupe, le rôle de l’étalon est d’empêcher la dispersion. Une jument fertilisée par un mâle extérieur change d’odeur au fur et à mesure de la gestation mais cette odeur n’est pas reconnue par l’étalon de son groupe d’origine. Elle finira par quitter le groupe ou en être chassée par l’étalon qui ne l’identifie plus comme appartenant au groupe.

Seule la jument choisit le mâle. Une semaine est nécessaire à la synchronisation mâle/femelle lorsque le couple est constitué, ensuite, les accouplements durent 4 jours, de nombreuses fois par jour. 95% de fécondation lorsque la reproduction s’effectue dans les conditions naturelles, 60 % lorsqu’elle est s’effectue "en main" et extrêmement peu de réussite lorsque c’est par insémination.

Tant que la jument/mère n’est pas intégrée dans un groupe, son poulain a très peu de chances de survie.

Les phérormones servent à la communication extérieure (déposées par les crottins, urines, par la sole…). L’étalon marque par le dépôt de crottins, identifiables en tant qu’étalon. Lors de la perception d’un autre étalon sur une marque fraîche, il s’arrête longuement et se manifeste bruyamment (signaux vocaux, grattage du sol). Si la marque est vieille, il s’arrête peu de temps. Ce comportement est justifié car cela permet d’éviter au maximum les affrontements. En marquant longtemps et en se signalant ainsi avec insistance, le groupe qui a précédé peut s’éloigner davantage.

L’étalon recouvre les crottins de mâles par ses propres crottins et ceux des femelles par l’urine. Il est à noter que l’étalon n’identifie pas ses propres marques. Seuls des dysfonctionnements de synchronisation vont amener des groupes à se rencontrer (dispersion des phéromones de marques fraîches par la pluie, le recouvrement…). La confrontation ne vise jamais à éliminer l’autre mais à le faire partir. Toute esquisse de fuite arrête la bagarre. Les individus qui se sont déjà affrontés ne se battront pas lors d’une autre rencontre. Chacun ayant déterminé sa place hiérarchique par rapport à l’autre. Seule la volonté de remettre en cause la hiérarchie peut déboucher sur un nouvel affrontement mais de façon générale, chacun garde en mémoire sa place hiérarchique.

La hiérarchie des étalons est dissociée de la hiérarchie des juments. Seule l’arrivée "d’une nouvelle" chamboule l’ordre mais la hiérarchie initiale est toujours reprise avec l’insertion de la nouvelle venue dans celle ci. Il y a précédemment une phase de rejet de l’individu inconnu.

Cette organisation et réorganisation s’étendent à chaque humain intervenant régulièrement dans la vie d’un groupe

Une jument gestante peut modifier temporairement sa place d’un "cran ou 2" dans l’ordre hiérarchique jusqu’à l’arrivée du poulain (modification hormonale entraînant + d’agressivité). Elle retrouve généralement son ancienne place, éventuellement elle gagne un cran.

Le mâchouillement du poulain n’est pas un signe de soumission mais un signal programmé pour qu’il manifeste son statut de poulain face à l’agression. Ce signe interrompt instantanément l’agression de l’adulte. Ce programme disparaît avec l’âge adulte, plus ou moins sur l’espèce néoténique.
La présence d’adultes autour de la jument et de son poulain sont indispensables à l’apprentissage social de ce dernier. Un poulain seul avec sa mère conservera toute sa vie un statut de poulain et se comportera comme tel.

Le schéma mère + groupe autour du poulain est indispensable. En cela les techniques d’imprégnation précoce (avant 15 jours) provoquent des séquelles irrémédiables car le poulain scinde son attachement sur 2 individus : sa mère et un humain, et se retrouve avec 2 mauvaises mères ! C’est à dire une demi-mère nourricière et une demi-mère sociale (poulain insécure = cheval caractériel). Le poulain divise donc son rattachement, ses repères sont altérés, on observe alors la persistance des comportements de "caprices", de tests continuels, souvent irréversibles. Autres séquelles observées : la pouliche une fois adulte refusant l’étalon ou l’allaitement à son poulain.

Le sevrage du poulain est double : physiologique par le sevrage alimentaire et psychologique par le sevrage affectif qui s’effectue vers 18 mois pour les mâles et entre 2 et 3 ans pour les femelles.

L’odorat est privilégié par le cheval, vient ensuite le toucher. Si sa vue lui permet une surveillance panoramique et une grande réceptivité au mouvement, il ne s’y réfère pas pour prendre des décisions et apprendre. Seule une vérification olfactive puis tactile guide son comportement.

Le flehmen, pratiqué par les mâles et les femelles met en fonction l’organe vomero-nasal dont le cheval est pourvu (situé sur le plancher de la cavité nasale). Le relèvement de la lèvre supérieure obstrue cette cavité, l’air emprisonné et chargé de phérormones subit un réchauffement, mettant en exergue les qualités informatives des phérormones, sollicitant l’organe vomero-nasal. Pour les crottins, les phérormones sont secrétées au niveau des intestins.

La vision du cheval altère le relief (pas de fauvéa chez le cheval, tâche sensible, présente au fond de l’œil humain). On remarque que le cheval a peu de mouvements oculaires. Il possède à la place cette vision panoramique, seulement amputée d’une ligne naso-temporale, il perçoit plus le mouvement que le relief. Lorsqu’il n’arrive pas à discerner ce qu’il sent, il va bouger pour voir, c’est à dire qu’il compense l’immobilité de son objectif visuel par son propre mouvement.

Chef : celui qui dirige l’activité des autres (inexistant chez le cheval égocentrique : Il est motivé par ses propres "envies". Si les autres le suivent c’est par imitation ou opportunisme, il n’impose pas volontairement aux autres une activité).

Dominant : prioritaire à l’accès aux biens.

Leader : imité par les autres qui ont remarqué la pertinence de son comportement. Cette position n’est pas consciente. Le leader ne sait pas qu’il est leader, il n’impose pas cela. Il est souvent plus "malin" que les autres, le premier à trouver quelque chose. Il n’est pas forcément dominant au contraire, il en est souvent la victime. Car il trouve et le dominant profite de sa trouvaille en le chassant. De même le dominant est rarement leader car il est plus agressif, les autres le craignent et il n’est donc pas suivi dans ses déplacements.

Le rôle de l’étalon se limite à la sécurité et à la reproduction.
Il n’a aucune intervention prioritaire sur les autres activités du groupe.

Structuration de l’espace chez le cheval

Contrairement à une structure pyramidale (avec un chef, tout le monde regarde le chef), les chevaux ont une structure en réseau : tout le monde regarde tout le monde.

Le cheval dans son rapport avec l’homme associe ses rituels aux nôtres.

Un rituel peut se transformer en signal : le rituel d’apaisement est l’exposition de la jugulaire par inclinaison de la tête vers le côté. La transformation en signal est en fait une exagération du rituel et devient dans ce cas un balancement du cou puis du corps de droite à gauche.

La situation de stress mobilise l’axe HHA (hypothalamus / hypophyse / amydo-temporal). Il correspond à une "montée en puissance" de la production d’hydrocorticoïdes. La solution terminale d’évacuation du stress est la fuite.
La montée dans les stades HHA peut être extrêmement rapide et l’impossibilité d’évacuation de la tension passe d’une hyper productivité d’hydrocorticoïdes à la production d’endorphines en grande quantité, on atteint la catalepsie : absence d’activité, de réactivité, de sensibilité. Ceci peut se produire en quelques minutes. C’est le cas lors d’un join up.

Les chevaux adultes ne "jouent" plus. Le jeu correspond, chez l’animal, à une période d’apprentissage des comportements utiles et propres à son espèce. Par contre les activités en "champ détendu" sont faites pour évacuer la tension, le besoin de mouvement ou toutes accumulations psycho-biologiques non satisfaites.

La récupération occupe 17 à 30 % du temps soit 3 à 4 heures dont 20 minutes de sommeil paradoxal (rêve) obligatoirement couché. Le rêve servant à la fixation des apprentissages. L’activité sociale 5 à 10 % (contacts sociaux) Le déplacement 7 %. Le reste du temps à l’alimentation.

On remarque parfois des chevaux en box levant le pied lorsqu’il mange, il s’agit d’un conflit de comportement, la nutrition se faisant normalement en marchant.

Le déficit de "mastication" entraîne le tic à l’air ou très fréquemment une baisse des défenses immunitaires. Un cheval en box sur copeau, ayant une activité réduite et nourrit aux granulés est, la plupart du temps, un cheval souvent malade.
De façon générale, la santé fragile d’un cheval est souvent révélatrice d’un problème comportemental.
Le hongre a un statut de femelle pour l’entier. Sauf castration tardive ou castration sans ablation totale de l’épididyme. L’épididyme est une partie intermédiaire entre le canal déferrant et le testicule. Peu accessible et plus ou moins long, il sécrète aussi des hormones mâles. Il est à l’origine des comportements résiduels d’entiers chez les hongres.

Relations Homme/Cheval

Soit il nous considère comme un objet neutre, soit un danger, soit partenaire valant cheval c’est à dire lié à lui.

En tant que partenaire, nous accédons à la "panoplie" de statuts existants dans un troupeau : compagnon, parent, jument, poulain, dominant, adulte, leader, étalon, etc… En fonction de notre façon de fonctionner dans la relation avec le cheval, il nous "classe". Evidemment il y a des statuts à éviter ! Par exemple celui de jument qui nécessite des justifications. Il faut parvenir à être étalon "sans statut" c’est à dire un compromis leader/dominant : accès prioritaire aux biens sans provoquer la crainte et provoquer l’intérêt par la pertinence de nos actions.

Il est intéressant de savoir que la jument a un déplacement aléatoire et l’étalon un déplacement direct. Cela signifie que notre façon de nous diriger au sein d’un groupe ou vers un individus "nous colle une étiquette" !

Si les relations inter espèces sont possibles, il apparaît néanmoins que l’individu d’une espèce différente n’est pas sexué. Il "suffit" donc d’adopter l’attitude du statut auquel on veut accéder.
L’interprétation de signaux ne peut faire l’objet d’un "dictionnaire". La nuance, la situation, les protagonistes participant au sens de chaque signal.
Les oreilles couchées ne sont pas uniquement et forcément un signe négatif ou d’agressivité. Bien souvent, c’est une posture adoptée lorsque le cheval "s’écoute intérieurement". En tant qu’animal sensoriel et émotif, il se tourne volontiers vers lui-même pour "écouter" ses propres sensations et "définir" ainsi son comportement.

Dressage, apprentissage…le rôle essentiel de la notion d’espace.

Les conditionnements pavloviens fixent les comportements. C’est anti-équitation.

L’humain a un espace structuré, il peut évoluer dans un espace tout en en imaginant un autre dans lequel il évolue également. Le cheval rattache obligatoirement l’espace au mouvement. Il doit donc explorer pour définir son espace, il ne peut concevoir en voyant mais uniquement en marchant dans cet espace, la conception spatiale étant de l’ordre du cerveau associatif. Il a 5 rapports topologiques avec l’espace : la proximité ; la continuité = il suit les limites du parc ; la séparation = s’il y a un trou dans la clôture, il l’explore ; l’enveloppement = il définit son espace personnel ; l’association.

Dans le dressage (le couloir des aides), on peut aisément retrouver ces notions : la volte qui correspond à l’enveloppement, repartir droit qui correspond à la séparation (il s’engouffre dans le trou), le franchissement dans obstacle qui correspond à la continuité matérialisée par le couloir des aides plus volontariste que la représentation de l’obstacle.

La cohérence de nos actes doit permettre de répondre oui à la question :
un autre cheval aurait-il agit tel que je le fais ?

Dans la manipulation à pied, il faut se focaliser sur l’espace, pas sur le cheval. Il faut considérer son propre espace personnel que nous appellerons "bulle" ainsi que celle du cheval et agir sur la fluctuation de notre bulle et son occupation de l’espace pour influencer et orienter les déplacements du cheval. Il faut modeler l’espace pour obtenir les déplacements souhaités (fluctuation de la bulle = dérivé 3ème du mouvement… pour les matheux !)
C’est l’accélération de la modification de la bulle qui interagit sur le cheval. Le changement de main par aspiration est favorable à la disponibilité du cheval, car l’ouverture de l’espace équivaut à la cohérence de son fonctionnement (baisse du rythme cardiaque) alors que l’opposition, l’obstruction de l’espace équivaut à une rupture (augmentation du cardiaque) Voir annexe la description de l’expérience à laquelle je me suis prêtée.

Le palier du stress absolu se trouve entre 200 et 220 pulsations cardiaques/minute (atteint dans le join up). Il est à préciser que c’est à l’issue de contrôles cardiaques effectués sur de nombreux individus en situation de join up que ces mesures ont été effectuées et systématiquement constatées)

A contrario, un animal ne manifestant aucune attention aux mouvements et aux sollicitations d’un humain indique que cet humain ne possède pas de bulle (pas d’intérêt, statut d’objet inerte).

Fonctions Comportementales Finalisées = programmes d’actions (mastication, contacts sociaux, déplacements, repos, etc…). Les programmes non satisfaits entraînent des pathologies adaptatives ( déficit de motricité : feu d’écurie, tics,…)

En champ détendu : (zone psychologique où le cheval se trouve lorsque ses besoins sont satisfaits) toutes les activités sont possibles mais non génératrices de stress. Il effectue des mouvements ou des rituels pour "la sensation du geste" et non pour exprimer la réalité du geste. Par exemple, les sauts de moutons effectués par défense (douleur dorsale monté, réaction à la selle ou autres contraintes…) sont, en champ détendu, effectués librement sans actes incitateurs extérieurs. Comme nous éprouvons du plaisir à effectuer quelque chose ou à la satisfaction d’un accomplissement, le cheval agit de façon similaire. Il s’agit en fait d’activer (tant pour l’homme que pour le cheval) le circuit de la récompense (production positive d’endomorphines).

Le cheval évolue donc sur plusieurs niveaux émotifs correspondants à des stades de stress ou de bien être.
Chaque niveau s’apparente un peu à un "catalogue" de réponses. Le cheval recherche toujours la solution la plus basse en tension. Lorsqu’il est confronté à un "problème" auquel il ne peut répondre, son stress augmente, il explore ses "programmes" en commençant par le niveau le plus bas de tension. S’il trouve le comportement adapté, il redescend en champ détendu sinon il passe dans le niveau supérieur et son stress continu d’augmenter.
Il passe en quelque sorte d’un état d’alerte bas à des niveaux supérieurs d’alertes, progressivement, dans la mesure où il ne retrouve pas de situation apaisante.

Le niveau le plus intense étant :

inhibition totale de l’action -> pathologie destructive (rétivité, absence de réaction).

L’équitation ne peut se pratiquer qu’en champ détendu sinon le cheval ne travaille plus pour le cavalier mais pour sa sauvegarde personnel (défenses).

Avant le stade de l’inhibition totale il y a celui de l’inhibition de l’action cohérente :

Inhibition de l’action cohérente = actions incohérentes = pathologies adaptatives(tics, cheval se jetant contre les barrières, etc…)

Communication avec le cheval

Les domaines d’expressions mis en œuvre par le cheval et à utiliser par l’humain :

Travail à pied = gestuelle + espace + interactions sociales
Travail monté = perception cénesthésiques (kinesthésie, vocalisation, etc…)

Débourrage

Objectif : supprimer les réactions de défense.
Que représente "monter sur son dos" pour un cheval ?

Une sensation = à un signal d’agression -> REACTION

Première solution :
Bloquer la réaction (on pose la selle, on la fixe, on met le cheval en réaction jusqu’à ce qu’il "cède" = inhibition conditionnée, inhibition afférente (pathologie car suppression d’un programme (fonction comportementale finalisée). On reste dans "le haut du tableau de tension". Tant que l’on focalise sur la suppression de la réaction on ampute les programmes comportementaux = syndrome de Klüver-Bucy (équivalent chimique d’une lobotomie partielle du lobe temporal - voir plus bas, explication sur "qu’est-ce que le stress ?")

Deuxième solution :
Supprimer la sensation (habituation, augmentation progressif du seuil de tolérance) = répétition d’un stimulus bas non-déclencheur de la réaction, augmentation progressive du stimulus, toujours sous le seuil de la réactivité = augmentation de la tolérance.
L’habituation correspond à un évanouissement de la réponse (15 jours consécutifs au moins avec un stimulus quotidien dans la durée importe peu)
C’est le principe de la leçon de jambe !

Equitation

Impulsion : la formation réticulée (zone cérébrale) reçoit un stimulus d’alerte = le nerf réticulo-spinal vient déverrouiller le nerf moteur. Le principe est l’introduction d’une incohérence que le cheval, par sa motivation d’être en zone la plus basse en tension possible, va rétablir la cohérence.
Exemple : au pas, on prend l’attitude du galop, le cheval se met au galop pour retrouver un état de cohérence = abaissement de la tension nerveuse = activation du circuit de la récompense = sensation de plaisir = mise en mémoire (nouveau "programme")

Inversion motivant/motivé
Exemple : spontanément le cheval a envie de galop = il adopte la position du galop = galop
En équitation on inverse les 2 premières phases : position du galop (par les aides) = place le cheval dans l’envie de galop = Galop

Des travaux très récents ont mis en lumière l’existence de neurones "bipolaires" à la fois sensoriels et moteurs à l’origine de ce mécanisme "d’imitation instantanée".

- L’isopraxie est la communication directe entre individu ou entre individu d’espèces différentes. La communication tactile est le "pont" le plus favorable à - l’isopraxie homme/cheval : gestualité cavalier = gestualité cheval.
- L’isopraxie réciproque : gestualité du cheval = gestualité du cavalier

Qu’est-ce que le stress ? ( …jusqu’au syndrome de Klüver-Bucy)

Avec utilisation, certainement, de termes barbares, pardon pour les érudits !

La tension négative du stress met en œuvre un processus destructeur de terminaison sensoriel.

Les capteurs sensoriels sont pourvus de filaments nerveux reliés au cerveau. Selon que ces capteurs sont activés positivement ou négativement l’organisme va produire plus de filaments ou les détruire, développant la réceptivité si la sensation est agréable, la neutralisant si elle est désagréable.

Exemple
Le contact à la jambe : si ce contact est ponctuel et progressivement affiné, les capteurs sensoriels de la zone de contact vont se pourvoir de terminaisons nerveuses supplémentaires.
Le cheval sera plus réceptif, et il développera une grande sensibilité au contact à la jambe. En revanche dans le cas où ce contact est perpétuel et fort, ne se rattachant à aucune sensation d’apaisement ou de récompense (si la sollicitation est désagréable voir douloureuse), un processus chimique interne détruit les terminaisons nerveuses : insensibilité, il n’y a plus de réponse.

Plus le stress est élevé plus le processus est rapide.

L’absence totale de sollicitation provoque l’étiolement ; le stress : la destruction définitive d’une partie des terminaisons nerveuses.

La bulle

Il s’agit d’un espace virtuel correspondant au "rayonnement" de sa propre volonté exprimée par l’attitude.

Petit schéma très schématique !!! : Le cercle rouge c’est une personne et le cercle bleu sa bulle, à quelque chose près, la bulle est avancée en partie frontale, correspondant à la direction du regard indiqué par la flèche

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Bulle 1

Lorsqu’il tend les bras ou tient une chambrière, la bulle intègre cette nouvelle prise d’espace, pour le cheval chaque "objet" que nous tenons, chaque mouvement, le port d’un chapeau ou d’une cape fait partie intégrante de nous et la bulle s’en voit modifiée :

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Bulle 2
Le cheval perçoit ainsi ses congénères et tout autres êtres vivants :
indissociables de l’espace occupé par l’attitude.

C’est en utilisant les fluctuations de notre "bulle" que nous pouvons interagir sur lui (à pied) avec la certitude de ne provoquer aucun stress.
Il faut adopter un comportement de type égocentrique (agir pour soi), effectuer un "modelage" des espaces (espace libre/espaces occupés) pour obtenir des déplacements, des accélérations, des changements de direction sans jamais faire monter la tension.

Lorsque nous passons en communication direct, c’est à dire, que nous visons le cheval et non l’espace que nous souhaitons libérer ou occuper, nous entrons alors sur le terrain de la tension en adoptant un comportement de type prédateur (focalisation sur un objectif vivant).

Mise en application pour plus de clarté, lors de l’expérience à laquelle je me suis prêtée, après l’avoir vu effectuée par M.Barrey et une autre personne volontaire, et que je vous expose tout de suite (avec un langage imagé… pas très scientifique donc je mets toutes les facilités d’expression entre guillemets ! mais vous devriez y retrouver la plupart des principes précédemment évoqués) :

Dans un manège de taille classique, il a été délimité une zone rectangulaire occupant un tiers important de la surface totale.

Un cheval hongre y est introduit en totale liberté. Il sort du box. Nous sommes une vingtaine de personnes, alignées le long de la barrière à l’extérieur du périmètre. Le cheval "semble intrigué", effectue l’aller retour en longeant cette barrière à distance, tête haute, effectuant des arrêts pendant lesquels il nous fixe.

M.Barrey, nous rappelle, la connexion naso-nasal naturellement effectuée par les chevaux entre eux pour prendre contact. L’assimilation par le cheval de "l’homme valant cheval", donc dressé sur nos "postérieurs", il nous faut neutraliser l’appréhension possible par le cheval de "l’agitement de nos antérieurs" !!!!
Bien entendu, nous sommes en présence d’un animal aguerri à l’homme (c’est un cheval de club), mais nous sommes juste ici pour contrôler la cohérence de ce que M.BARREY a précédemment exposé. Il entre donc dans le périmètre, mains dans le dos, regard plutôt descendant. Il s’approche en ligne directe face au cheval en effectuant simultanément une légère oscillation du haut du buste de droite à gauche (rite d’apaisement transformé en signal), sans précipitation et s’arrête à un mètre environ. Il mime le "demande de contact" en se penchant en avant et en tendant son visage vers les naseaux du cheval sans trop s’en approcher. Il sollicite le contact sans le prendre. C’est au cheval de l’accepter ou non.

Le cheval n’était initialement pas orienté vers lui et "lui prêtait peu d’attention" tant qu’il nous parlait. Il s’est tourné vers lui et l’a fixé lorsqu’il s’est dirigé vers lui en adoptant le rituel. Après un court temps "d’indifférence", le cheval abaisse à son tour tête et encolure et se tend vers M.Barrey sans le toucher. M.Barrey approche son visage plus près, le cheval fait de même et l’on perçoit visiblement qu’il le sent. La prise de contact est assez longue. Ils se séparent. Le cheval tourne la tête et "semble ne plus s’intéresser", M.Barrey nous parle et s’avance un peu vers nous. Très vite le cheval le rejoint, sent ses vêtements, sa tête, et le lèche !

M.Barrey prend en main la chambrière et se dirige au centre du périmètre. Il occupe ouvertement le centre, emplissant ainsi l’intérieur de l’espace avec sa bulle, il augmente cette occupation, incitant ainsi sans le viser le cheval à se mouvoir, le cheval se met à courir tout autour, il "jette son feu" assez longuement, effectuant, des coups de cul, des accélérations. M.Barrey n’intervient pas et à aucun moment il ne bouge du centre. Il attend que le cheval ait libéré les tensions accumulées par l’inactivité en box. A aucun moment le cheval ne se rapproche de lui ou le menace.
(Je remarque pourtant dans le public des réactions à chaque fois que le cheval balance un coup de cul, beaucoup y voient des menaces vers M.Barrey. Il me paraît cependant évident que le cheval ne peut logiquement faire autrement que de diriger ses postérieurs vers l’intérieur de la piste et en majorité lorsque la courbe de sa trajectoire est faible, la vitesse de son déplacement (galop énergique et rapide) lui imposant pour conserver son équilibre de garder sa masse vers l’intérieur (penché comme une moto dans un virage). Un tel mouvement vers l’extérieur serait donc incohérent, opposé à la force d’inertie, à l’incurvation naturelle du cheval et le cheval se mettrait en déséquilibre… commentaire perso : encore une fois l’apparence prime sur la logique et la réflexion !!!!)
Lorsque cheval s’apaise, alors M. Barrey se déplace à son tour de façon très précise : sur une diagonale unique et courte, sans jamais se diriger sur le cheval mais se synchronisant précisément pour que son arrivée en bout de diagonale coïncide avec l’après passage du cheval. Le cheval adopte immédiatement la piste et règle son allure pour toujours être en opposition de situation avec le déplacement de M. Barrey. En accélérant sa vitesse de déplacement, M. Barrey incite le cheval à accélérer également.

Il nous explique simultanément qu’il agit comme un cheval de rang supérieur qui voudrait occuper tel place puis tel autre (aller et retour sur la diagonale). Le cheval de rang inférieur laissant toujours sa place à celui qui le domine. Il est donc inutile d’agir directement sur l’arrière main du cheval mais simplement sur l’espace derrière lui ou devant en cherchant à l’occupé. En effectuant un brusque changement de déplacement sur la ligne centrale mais en partant à l’opposé du cheval, il provoque ce qu’il appelle une aspiration en libérant un grand espace devant le cheval qui instantanément s’y "engouffre". M.Barrey, effectue une volte et se rabat vers l’intérieur, inversant la libération de l’espace, le cheval effectue alors une demi-volte dans ’le sillage" de M.BARREY. Ce dernier "s’installe" sur l’autre diagonale, le cheval reprend la piste, il a changé de main sans accélération, avec fluidité. Il reprend son allure, au rythme du déplacement de M. Barrey sur la diagonale.
L’arrêt de l’expérience et le retour vers nous de notre "prof". Provoque l’extinction du mouvement du cheval, qui le rejoint bientôt et entame une séance de "toilettage !" (contacts sociaux)

Un spectateur n’a pas vu la différence entre cette façon de procéder et la façon habituelle qui consiste à suivre plus ou moins l’arrière main du cheval en "poussant" avec la chambrière… il s’agit d’un moniteur d’équitation… commentaire perso : sic !

Une première personne se prête à l’expérience et tente de faire ce que M. Barrey vient de nous montrer. Cela semble soudain bien délicat, la personne instinctivement quitte la ligne de la diagonale pour suivre le cheval, elle a du mal à s’empêcher de regarder constamment dans sa direction et d’agir vers lui avec la chambrière ! Pas facile !

Je suis la deuxième à me porter volontaire. Je commence par la prise de contact naso-nasale : pas mal, contact long, "lèchouille" : "on est copain !!!"
Je m’équipe de la chambrière qui doit m’aider à "avoir une grande bulle !" Pas évident de "rayonner", le cheval "m’observe", et se déplace "avec hésitation" autour de moi (je n’effectue aucun geste).
J’attaque ma diagonale dès qu’il en a passé l’extrémité virtuelle. Il prend le trot mais ne se place pas sur la piste, comme je ne suis pas assez rapide dans mes allers/retours et que je ne "rayonne" pas assez, il dessine plutôt un grand ovale autour de moi et n’est pas régulier entre les largeurs et les longueurs…M.Barrey me conseille. Je corrige mes défauts : je suis plus tonique, plus rapide, me concentre sur ma ligne droite et les 2 espaces que je suis censée vouloir occuper. Le cheval est maintenant régulier et sur la piste, il trotte bien. Je ne l’ai jamais en ligne de mire.

M. Barrey explique qu’il ne faut jamais viser le cheval mais l’espace juste derrière lui, comme si, cheval hiérarchiquement supérieur, je convoitais une belle touffe d’herbe à chaque bout de ma diagonale ! Il m’explique comment effectuer un changement de main par aspiration (le cheval change ainsi en faisant face à l’homme et non par un demi tour vers l’extérieur).
Je m’emploie à suivre ses instructions, mais je me trompe de côté après ma ligne droite, et le cheval qui avait suivi mon mouvement se retrouve "bloqué" par mon occupation incohérente de l’espace ! Comme je me suis arrêtée de marcher, perdue dans mes trajectoires, il s’est arrêté à son tour. Je me retourne vers lui, il me regarde…je m’excuse … tout le monde rigole… remarque perso : je suis ridicule !

Je me rends compte à quel point la synchronisation et l’anticipation sont primordiales car dans mon dos, le cheval effectue ses déplacements en suivant parfaitement les ouvertures d’espaces que je lui offre… c’est terriblement déstabilisant pour moi de le diriger sur des déplacements aussi précis, distants, et à bonne allure et sans le voir.

"Nous reprenons notre" exercice : lui sur la piste, moi sur ma diagonale avec mes touffes d’herbe virtuelles. Pour ça je suis ok. 2ème tentative de changement de main par aspiration : réussie ! Je suis sur l’autre diagonale…l’euphorie me fait un peu anticiper mon arrivée sur ma salade virtuelle : je suis passée un instant "dans le camp des prédateurs" et le cheval a précipité sa foulée… Je corrige. Tout rentre dans l’ordre. Nous tentons un nouveau changement de main : je cafouille, l’aspiration est ok, le retour à la piste sur le cheval à l’autre main est ok mais je me suis désynchronisée sur ma nouvelle diagonale, je suis à contre temps, j’arrive trop tôt à la piste et j’occupe l’espace qui est devant !!! Je recule, j’hésite, je ne sais plus, il rechange de main ! Je n’arrive plus à me remettre dans le bon timing, le cheval me regarde, sa cadence est rompu, "il est très hésitant" sur les directions que je libère ou que j’occupe, je m’arrête encore une fois toute désorientée, il s’arrête aussi en effectuant quelques pas vers moi !
…. Je m’excuse à nouveau !… remarque perso : je suis à nouveau ridicule !!!! Fin du test.
Cette approche demande beaucoup de précisions et d’anticipation. Mais effectivement le cheval vient spontanément se placer dans les espaces ouverts où qu’ils soient libérés, le cheval s’y "installe". Et il n’y a effectivement du coup aucune "pression directe".

La démonstration suivante s’effectuera avec un cheval en longe. 2 personnes s’y prêteront tour à tour, après la démonstration effectuée par M.Barrey. L’une des personnes est un élève ingénieur pas familier des chevaux et encore moins de l’équitation. Il effectuera des changements de main en longe et des arrêts réussis uniquement en modifiant sa position par rapport à l’axe centrale du cercle. On retrouve dans ce principe celui, implicite, qui nous est enseigné en équitation traditionnelle : "rester derrière les épaules du cheval". Sauf qu’ici il est poussé à l’extrême. C’est à dire que le longeur se place réellement en arrière du cheval avec un regard nettement orienté derrière celui-ci pour la marche avant ; et le longeur passe rapidement en avant (croisant la chambrière pour la placer dans son prolongement) pour obtenir l’arrêt. Il est important de noter qu’à aucun moment le longeur "agite" ou fait claquer la chambrière.

Au sujet de la Chambrière, M.Barrey explique que si elle correspond au prolongement du bras, il suffit de la positionner pour qu’elle soit efficace. Il précise que le claquement de chambrière ne doit s’apparenter qu’à la morsure du cheval dominé qui veut se faire respecter face à une "désobéissance", et qu’en ce cas, son utilisation doit être extrêmement rare et surtout ne jamais manquer sa cible. Le claquement à proximité ne sert pas à grand chose en dehors de faire monter la tension et de passer pour "un dominant maladroit" !!!
Il faut donc toucher le cheval et c’est pour cela que ce claquement doit être utiliser à bon escient, ponctuellement et rarement. Sa "morsure" ressemble à un pincement instantané, très proche de ce que les chevaux s’infligent entre eux en cas de désaccord.

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