Revue Etho-logique
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Comment un arbre mène des fourmis à l’esclavage

par Pierre Barthélémy

jeudi 21 novembre 2013, par Agnès Maillard

Le mutualisme, ce n’est pas qu’une histoire de banque et d’assurance. En biologie, ce terme désigne une association équilibrée entre deux partenaires qui en tirent un bénéfice. Un accord gagnant-gagnant, pour reprendre une expression de l’époque. Un des cas les plus cités est celui de la mycorhize, une symbiose entre les racines des plantes et le mycélium des champignons, c’est-à-dire leur réseau de filaments souterrains : le champignon sert en quelque sorte d’extension aux racines de la plante et lui apporte de l’eau ou des éléments comme le phosphore tandis qu’en contrepartie, son partenaire l’alimente en sucres par exemple. Il se peut aussi que le mutualisme associe un végétal et un animal, comme dans le cas instructif de l’acacia et des fourmis.

L’acacia a besoin de défenseurs, soit contre les herbivores que ses épines n’effraient pas, soit contre les plantes qui viennent pousser trop près de lui. Défenseur, c’est donc le rôle que les fourmis ont endossé en échange du vivre et du couvert. Le vivre est constitué par du nectar sucré et de minuscules nodosités riches en protéines et en lipides tandis que le couvert se matérialise par les épines creuses où les insectes installent leurs colonies. Pour leur part, les fourmis attaquent impitoyablement les herbivores qui veulent se nourrir de la plante et sont d’une efficacité si redoutable qu’en Afrique, même les éléphants se détournent d’une espèce d’acacia tant ils craignent les morsures des fourmis qui la protègent !

Le cas d’un acacia d’Amérique centrale, l’acacia corne de bœuf, semble encore plus raffiné. Son hôte, la fourmi Pseudomyrmex ferrugineus, est en effet affectée d’une petite carence digestive. Adulte, elle ne sécrète quasiment pas une enzyme, l’invertase, qui brise la molécule du saccharose (celle qui compose le sucre du commerce), en deux molécules plus petites, une de glucose et une de fructose qui, elles, sont ensuite assimilées aisément par l’organisme. Pour le dire autrement, cette fourmi ne digère pas le sucre de table. Eh bien, la plante pousse l’amabilité jusqu’à synthétiser elle-même de l’invertase et ne propose donc dans son nectar que du fructose et du glucose, que ses insectes locataires-défenseurs peuvent manger sans problème.

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