Revue Etho-logique
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Recrutement

Capacités cognitives et exploitation des ressources chez un insecte social

Profil en vue d’un financement de thèse

mercredi 21 mai 2008

Le profil ci-dessous est affiché par l’école doctorale VAS de l’université de Rennes 1. Vous pouvez trouver toutes les infos nécessaires pour postuler en suivant ce lien : concours VAS

PROFIL N° 103

Capacités cognitives et exploitation des ressources chez un insecte social

Unité/équipe encadrante : UMR 6552 Ethologie Animale et Humaine, Equipe " Le grégarisme entre vie sociale et vie solitaire"
Nom du responsable scientifique et cotuteur : C. Rivault et V. Durier Contact : colette.rivault@univ-rennes1.fr ou virginie.durier@univ-rennes1.fr

Contexte socioéconomique et scientifique :
Le sujet sera développé au sein de l’UMR 6552, dans l’équipe étudiant le grégarisme chez les insectes, étape-clé entre la vie solitaire et l’eusocialité. Notre équipe s’intéresse à la part de l’individu avec ces capacités propres (cognition) et à la part de l’attractivité exercée par les congénères (communication chimique) sur la formation, la cohésion et le maintien du groupe social chez les blattes. L’analyse conjointe des mécanismes comportementaux qui favorisent l’apparition du grégarisme et des facteurs environnementaux qui régulent l’expression de ces comportements nous permet d’appréhender les avantages liés à ce type d’organisation sociale. Ce sujet de thèse porte sur l’interaction entre les capacités cognitives individuelles et les informations extraites des signaux émis ou des comportements exprimés par les congénères pour une exploitation optimale/efficace du domaine vital par des insectes pré-sociaux. Cette étude se situe donc à l’interface des recherches développées par les différents membres de l’équipe.

Sujet
Les hypothèses et questions posées
Le domaine vital d’un animal comprend les différents types de ressources nécessaires à sa survie, à savoir le ou les sites de repos potentiels ainsi que le ou les sites de ressources alimentaires. Ces sites sont souvent distants les uns des autres et dispersés dans l’environnement. La sélection d’un site peut être le résultat d’indices directs, tels que le stimulus olfactif émanant d’une nourriture, par exemple. Mais cette sélection peut aussi se faire par le biais d’indices indirects comme la présence de congénères ou bien la qualité des signaux qu’ils émettent (phéromone d’appel par exemple). Ces indices constituent l’information publique et leur utilisation découle de l’estimation des performances d’individus partageant des besoins environnementaux similaires pour guider ses choix propres. Ainsi, l’information publique permettrait aux individus d’avoir un aperçu plus rapide et plus précis de la qualité de leur environnement. Les blattes ont des capacités cognitives individuelles qui leur permettent de mémoriser la position des sites importants, tels que la nourriture et l’abri, à l’aide de repères visuels. Toutefois, vivant en groupe, elles disposent aussi de l’information publique pour optimiser leur exploitation du domaine vital. L’objectif de l’étudiant sera de mettre en évidence comment le groupe peut influencer l’apprentissage à un niveau individuel chez ces insectes présociaux.

Les grandes étapes de la thèse et démarche
Ce travail se découpe en 3 grandes étapes. Pour commencer, il faut déterminer le type d’information disponible pour les blattes en recherche alimentaire. Chez les blattes, comme chez bon nombre d’insectes, l’échange d’information passe essentiellement par la voie chimique/olfactive. Il semble donc possible que des individus en alimentation émettent activement ou passivement des odeurs, potentiellement utilisables par leurs congénères. De même, après la prise alimentaire et le retour à l’abri, ces individus transportent avec eux l’odeur de la nourriture consommée. Cette information peut elle aussi être utilisée par les congénères en début de recherche alimentaire. La première étape consiste donc à mettre en évidence l’utilisation de l’information publique d’origine olfactive chez les blattes. Ces informations sont en mesure de guider la sélection d’un site alimentaire par les blattes lorsqu’elles sont en situation de choix. Toutefois, il est aussi important de localiser la source de nourriture quand les informations d’origine sociales ne sont pas disponibles. Dans ces cas-là, les blattes ont recours aux informations spatiales. La deuxième étape consiste à améliorer nos connaissances sur les capacités d’apprentissage des blattes. Si les informations fournies par les congénères aident à sélectionner et à localiser une source de nourriture, elles permettent donc aux blattes de se trouver plus souvent dans des sites intéressants et qu’il faut pouvoir retrouver efficacement. La troisième étape consiste à déterminer dans quelle mesure l’information publique permet aux individus d’acquérir plus rapidement une meilleure connaissance de leur domaine vital, en les mettant plus souvent dans des situations favorables à l’apprentissage.

Approches méthodologiques et techniques envisagées
L’analyse fine des comportements de recherche alimentaire se fait essentiellement par une analyse trajectométrique. Dans l’UMR 6552, nous sommes équipés de caméras fonctionnant avec des sources très faibles de lumière et d’un logiciel permettant de tracer précisément les trajets suivis par plusieurs individus en même temps. Les méthodes d’observations classiques en éthologie seront aussi utilisées en fonction des questions posées et des dispositifs expérimentaux.

Compétences scientifiques et techniques requises
Le candidat devrait maîtriser les concepts de l’éthologie et les techniques d’observation classiques de la discipline. Il ne devra pas avoir d’appréhension dans la manipulation d’insectes mais y apporter beaucoup de soins.

P.-S.

N’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de plus de renseignements.
Virginie Durier

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