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  <title>Le Monolecte</title>
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  <description>Chroniques inutiles des agitateurs du vide</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Sun, 30 Nov 2008 10:52:21 +0100</pubDate>
  <copyright>Creative commons</copyright>
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    <title>Quand Cantat chante</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/11/20/Quand-Cantat-chante</link>
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    <pubDate>Thu, 20 Nov 2008 16:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Légilecte</category>
        <category>débat</category><category>justice</category><category>mort</category><category>violence</category>    
    <description>&lt;p&gt;Il parait que le retour de Bertrand Cantat a fait couler &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Aux_sombres_h%C3%A9ros_de_l%27amer&quot;&gt;beaucoup
d'ancres&lt;/a&gt; dans le cybermarigot. J'ai écouté rapido le morceau &lt;span class=&quot;textejaune12&quot;&gt;« &lt;a href=&quot;http://noirdez.com/telechargements/gagnantsperdants.htm&quot;&gt;Gagnants /
Perdants&lt;/a&gt; » que j'ai effectivement trouvé très pertinent et je suis passée à
autre chose. Jusqu'à ce que je tombe sur &lt;a href=&quot;http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=2810&amp;amp;titre=Reponse-au-cadeau-empoisonne-de&quot;&gt;
un bout de polémique&lt;/a&gt;, non pas sur le contenu de l'œuvre, mais sur la
légitimité de Cantat de revenir à la chanson.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;span class=&quot;textejaune12&quot;&gt;Vous l'avez peut-être déjà remarqué à force de
passer ici entre deux posts, la vie des &lt;em&gt;people&lt;/em&gt; ne m'intéresse que fort
peu et je distingue à la hache ce qui est de l'ordre de la vie publique, de
l'œuvre, de ce qui est de l'intime, du privé. Si je me penche sur l'affaire du
retour de Bertrand Cantat à la chanson, c'est qu'à mon sens, on touche à
quelque chose de bien plus profond et général que l'histoire personnelle de
Cantat et par extension, de la mort de Marie Trintignant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'appréciais énormément le travail des deux artistes à l'époque du drame. Je
trouvais Marie Trintignant purement aérienne dans ses rôles et le talent
artistique de Noir Désir au service de l'engagement politique me ravissait le
cœur et les oreilles. &lt;em&gt;Cible émouvante&lt;/em&gt; est l'un des très rares films
que j'ai jamais acheté et il fait naturellement partie de ma &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/07/01/107-filmo-culte&quot;&gt;filmo culte&lt;/a&gt;.
Quant à Noir Désir, ce fut un déchirement de ne choisir qu'une seule chanson
pour embarquer dans ma &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2006/06/14/210-capsule-temps&quot;&gt;capsule temps&lt;/a&gt;.
C'est un peu comme dans le cochon, dans la carrière de Marie et de Bertrand,
tout est bon. Autant dire que le meurtre de l'une par l'autre fut un drame à
plus d'un titre, puisque me privant simultanément de deux de mes artistes
préférés. L'affaire fit grand bruit, Marie fut enterrée et un chouia béatifiée
par l'opinion publique quand elle ne fut pas récupérée par divers courants
d'opinion et Bertrand dument jugé, condamné et enchristé pour son crime. Le
seul bon côté des choses fut que le problème de société qu'est celui de la
violence faite aux femmes dans l'enceinte même de leur foyer sortit enfin de
dessous le boisseau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or le retour de Bertrand Cantat à la chanson ouvre, selon moi, un nouveau champ
de réflexion social, au-delà même de la polémique qu'il suscite, celui de la
nécessaire (ou pas !) réinsertion des condamnés à la fin de leur
peine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cantat a-t-il le droit de rechanter ?&lt;br /&gt;
Juridiquement, il semble que sa liberté conditionnelle s'assortisse d'une
intéressante restriction :&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;S’agissant de son activité d’artiste, le
jugement lui interdit « de diffuser tout ouvrage ou œuvre
audiovisuelle dont il serait l'auteur ou le co-auteur et qui porterait, en tout
ou partie, sur l'infraction commise et s'abstenir de toute intervention
publique relative à cette infraction. » Ceci pour quatre ans. Après il
sera libre. Pour chanter ce qu’il veut, comme avant, l’injustice, la révolte et
l’amour.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;small&gt;&lt;a href=&quot;http://http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2008/11/16/j-irai-applaudir-bertrand-cantat.html&quot;&gt;
J’irai applaudir Bertrand Cantat&lt;/a&gt;, par Gilles Devers, le 16/11/2008, blog :
&lt;a href=&quot;http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr&quot;&gt;Actualités du
droit&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;span class=&quot;textejaune12&quot;&gt;Le jugement de remise en liberté est cité plus ou
moins partiellement selon que l'on est pour ou contre le retour de Bertrand
Cantat sur scène. Une lecture partielle permet d'affirmer qu'il n'a plus le
droit d'exercer son métier alors que le texte l'empêche juste, comme cela se
fait généralement, d'évoquer l'affaire pendant le temps de la conditionnelle.
Cela dit, la restriction est floue : une chanson d'amour est-elle en rapport
avec l'affaire, le groupe doit-il mettre au congélo le titre &lt;a href=&quot;http://paroles-de-chansons.abazada.com/&quot;&gt;&lt;em&gt;Sweet Mary&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; qui date de
1989 ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà de l'affaire, ce qui m'intéresse, ce sont les arguments selon lesquels,
en gros, Cantat ne devrait plus jamais chanter, par souci de décence. Il y a
donc l'idée qui se dessine que le meurtrier qui a purgé sa peine doit être
limité dans ses possibilités de réinsertion jusqu'à la fin de sa vie. Parce que
le meurtre est définitif. Donc, la peine doit l'être aussi, pas seulement la
peine de la famille de la victime, ce que nous pouvons concevoir, mais aussi la
sanction de celui qui a tué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du coup, en revient au bon vieux débat sur la double peine. Le coupable a-t-il
payé sa dette à la société quand il sort de prison ou doit-il continuer à payer
jusqu'à la fin de ses jours ? Dans la deuxième option, on se range dans le
camp de la perpétuité, voir de la peine de mort et l'on confond allègrement
sanction et réparation. Le jugement sanctionne le crime, mais rien ne vient
réparer l'acte lui-même : la mort de la victime. Occire le coupable
tiendrait alors plus du régime de la vengeance que de celui de la réparation.
On tue le tueur, mais cela ne ressuscite pas la victime. C'est la loi du
talion. Pas celle de la République.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'où l'idée plaisante pour certains de l'interdiction morale qu'aurait Cantat à
rechanter : faute de réparation, on peut envisager une expiation à vie,
une peine imprescriptible et aussi définitive que la mort où la prison ne
serait qu'une première étape d'un long chemin de croix qui ne s'arrêterait
qu'au tombeau. On pourrait même imaginer un statut de sous-citoyen, propre aux
condamnés sortis de prison, avec des droits restreints et des emplois réservés,
parce que merdiques, tant qu'à faire. L'ancien boulanger devrait aller nettoyer
les chiottes du fast food, le banquier chopé les doigts dans le magot condamné
à servir aux Restos du Cœur et l'homme politique qui s'est goinfré sur le dos
de ses concitoyens, privé de mandat à vie, y compris dans l'assoc' de parents
d'élèves de l'école de son gosse.&lt;br /&gt;
Pour faire court, avec &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Fortress_%28film%29&quot;&gt;un bon marqueur électronique
greffé&lt;/a&gt; dans le bide du condamné en fin de peine, on peut tout à fait
envisager le retour du bagne, mais sans les murs et les costards rayés. Après
les &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/10/03/01016-20081003ARTFIG00323-peines-plancher-dati-met-la-pression-sur-les-procureurs-.php&quot;&gt;
peines plancher&lt;/a&gt;, voici les extensions de peine, comme on le fait pour les
garanties de l'électroménager. Celui qui ne peut réparer devra faire pénitence,
chaque jour de sa putain de vie qu'il ne mérite même pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Forcément, j'ai l'air un peu excessive. Mais le questionnement autour du retour
de Cantat à la chanson traduit bien la manière dont la société perçoit ses
délinquants, comme marqués au fer rouge, irrécupérables, entachés à vie,
n'étant plus intégrables comme citoyens à part entière. Au-delà de cette
polémique, on commence à mieux distinguer les contours de l'imaginaire
collectif attaché aux notions de justice, de prison, de sanction et de
réinsertion. Il y a une sorte de déterminisme du criminel qui lui interdit
toute possibilité de réinsertion dans le corps social. La reconnaissance du
crime, du préjudice par la justice officielle de même que l'exécution de la
peine ne satisfait pas celui qui se place du point de vue de la victime.
L'institution dépossède de la vengeance et ne permet pas la compensation, la
réparation du crime. La prison n'est pas perçue comme un châtiment suffisant en
soi (ce qui explique en partie l'indifférence de la population quant aux
&lt;a href=&quot;http://www.oip.org/&quot;&gt;conditions de détention&lt;/a&gt; honteuses des prisons
françaises), la privation de liberté doit s'accompagner de l'avilissement du
coupable, de sa relégation permanente dans une sous-condition humaine, aux
marges de la société, mais pas trop en marge, afin de maintenir le contrôle
total et donc la permanence de la déchéance.&lt;br /&gt;
Dans ces conditions, l'idée même de &lt;a href=&quot;http://www.lexinter.net/PROCPEN/liberation_conditionnelle.htm&quot;&gt;libération
conditionnelle&lt;/a&gt; (celle qui vise à récompenser le bon comportement constant
du détenu et à faciliter sa réinsertion dans la société) ne peut être que mal
comprise et sujette à ce rejet en bloc : &lt;q&gt;comment peux-tu réclamer autre
chose que l'oubli alors même que ta remise en liberté nous est
insupportable &lt;/q&gt;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que la tendance est à l'alourdissement des peines et à l'&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hadopi&quot;&gt;extension du domaine de la
délinquance&lt;/a&gt;, il serait peut-être temps de réfléchir un peu à la manière
dont nous concevons socialement le judiciaire et le pénal. Le fait d'avoir
placé la victime au cœur des préoccupations politiques ne doit pas nous faire
oublier le nécessaire traitement social des coupables, bien au-delà du cadre
restreint de la sanction.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>L'illusion démocratique au service du capitalisme</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/11/16/L-illusion-democratique-au-service-du-capitalisme</link>
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    <pubDate>Sun, 16 Nov 2008 18:13:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Pol-éthique</category>
        <category>citoyen</category><category>confiscation démocratique</category><category>discours</category><category>démocratie</category><category>inégalités</category><category>libéralisme</category><category>médias</category><category>politique</category>    
    <description>&lt;p&gt;La démocratie est généralement considérée comme le moins pire des systèmes
politiques. Ce terme générique, car recouvrant une vaste déclinaison
d'expressions du pouvoir exercé au nom du peuple, jouit toujours d'un préjugé
plus que favorable. Le problème, c'est qu'entre l'Agora antique et l'Amérique
d'Obama, l'idée même de démocratie est devenue un vaste fourre-tout
hétéroclite.&lt;/p&gt;    Le principe général de l'exercice de la démocratie se résume à la phrase
d'Abraham Lincoln : &lt;q&gt;le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le
peuple&lt;/q&gt;. Toute la difficulté tient dans l'application de ce vaste programme.
La force de ce système politique tient généralement par la vaste adhésion qu'il
suscite dans la population, quel que soit le mode de fonctionnement choisi.
Plus que la démocratie elle-même, c'est l'idée démocratique qui fédère les
peuples, l'impression que nous sommes libres de nos choix, de nos actions, que
nous nous dotons des dirigeants que nous méritons. L'imaginaire démocratique
est tellement fort, tellement ancré en nous que lorsque l'essence d'un pouvoir
se modifie, nous nous refusons à voir ce qui doit crever les yeux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'imaginaire démocratique tient pour une évidence que le système démocratique
est l'émanation de la volonté commune et qu'à ce titre, il tend naturellement
vers le bien-être du plus grand nombre, exactement de la même manière que
l'imaginaire capitaliste est totalement à l'aise avec le concept de
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Main_invisible&quot;&gt;main
invisible&lt;/a&gt; qui régule le marché de manière supranaturelle. L'essence de la
démocratie, ce serait le progrès pour tous, l'égalité, la liberté, la
fraternité, dans l'ordre de votre choix. Le hiatus, c'est que pour réaliser ce
bel idéal, on s'empresse de mettre en place un système hiérarchique des
pouvoirs qui contredit intrinsèquement ces nobles aspirations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démocratie contemporaine s'exprime principalement de manière
indirecte : le peuple est appelé de temps à autre à désigner ses
représentants dans la sphère politique, laquelle décide ensuite de manière
autonome de la manière dont elle va conduire le pays. L'exercice du pouvoir est
donc délégué à un groupe assez restreint de personnes, lesquelles sont censées
représenter l'ensemble du peuple.&lt;br /&gt;
D'un autre côté, comment envisager l'expression directe de la démocratie à
l'échelle d'un pays ou même d'une région ? Mais du coup, pourquoi ne pas
l'envisager à l'échelle d'une commune ou d'un quartier, un peu &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Votation&quot;&gt;à la manière des Suisses&lt;/a&gt;
?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'action du peuple sur la marche des affaires du pays se résume donc à glisser
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2008/02/05/La-grande-illusion&quot;&gt;un bulletin de
vote&lt;/a&gt; dans l'urne de temps à autre et à considérer qu'ensuite, ce qui
sortira du système sera forcément l'émanation de sa volonté. Mais la question
même des modalités du choix n'est que très marginalement abordée : qui
sont les candidats, d'où sortent-ils, qui représentent-ils réellement ? La
démocratie contemporaine nous aurait affranchis de &lt;a href=&quot;http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1519&quot;&gt;la lutte des classes&lt;/a&gt;,
celles-ci se seraient effacées, diluées dans une sorte de consensus mou, tant
et si bien qu'il devient extrêmement difficile d'obtenir la &lt;a href=&quot;http://www.election-presidentielle.fr/?p=399&quot;&gt;composition sociologique&lt;/a&gt; du
parlement qui décide pourtant en notre nom à tous, parce que cela ne serait
plus utile. Ou parce que cela serait trop révélateur au contraire de ce qui
sous-tend l'accession au pouvoir?&lt;br /&gt;
L'homme de la rue doit se satisfaire de sa particule de pouvoir, concédée de
temps à autre, et se soumettre à toutes les décisions prises par la
représentation nationale, alors même que son précieux bulletin est considéré
comme une sorte de blanc-seing, une abdication pure et simple de l'idée même de
peuple souverain. Qu'importe si le choix de départ a été fait bien avant
l'urne, qu'importe si les suffrages ont été arrachés par la duperie, les
mensonges, ce que l'on appelle poliment le &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2004/12/04/10-marketing-politique&quot;&gt;marketing politique&lt;/a&gt;, lequel
pourrait se résumer à la maxime suivante : &lt;q&gt;dire au peuple ce qu'il
souhaite entendre pour légitimer le mandat de faire ce que nous
voulons&lt;/q&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h3&gt;Ce qui compte, ce n'est pas le choix, c'est l'impression d'avoir le
choix.&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des graphistes comprennent très bien l'allusion : comment faire
en sorte que le client approuve le projet graphique que nous avons décidé pour
lui ?&lt;br /&gt;
En lui offrant le choix.&lt;br /&gt;
Si l'on demande au client directement ce qu'il souhaite, on obtiendra quelque
chose de flou, de mal défini, sujet à de multiples interprétations, refontes et
modifications, une source inépuisable de discussion une perte de temps
incommensurable et donc, d'argent. L'astuce consiste à lui proposer rapidement
deux projets, en rendant particulièrement attractif celui qui nous semble le
plus pertinent. En offrant le choix, mais en le limitant d'office à nos propres
propositions, nous avons, de facto, fermé le champ des possibles et décidé
concrètement du projet à suivre (à une ou deux variantes près) tout en laissant
au client la satisfaction et l'illusion de la décision finale.&lt;br /&gt;
Cette technique éprouvée de verrouillage du choix est particulièrement efficace
dans le &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2007/03/01/Sondomythes&quot;&gt;monde des
sondages&lt;/a&gt;. Une question fermée bien orientée recevra pratiquement à coup sûr
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2006/01/25/169-l-art-de-la-question&quot;&gt;la réponse
espérée&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui a choisi Obama? Le peuple américain, les électeurs, grands ou petits ? Mais
comment le choix Obama est-il arrivé jusqu'à l'urne ? Comment les
candidats sont-ils choisis et par qui ? D'où sortent-ils ? Quelle est
leur trajectoire ? Ne devrait-on pas être plus attentifs à la traçabilité
des élus ?&lt;br /&gt;
Quand les journalistes décident de ne parler que de deux candidats, ne sont-ils
pas déjà en train de restreindre le choix des électeurs en limitant le débat à
deux options sur le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_am%C3%A9ricaine_de_2008#Candidats&quot;&gt;
total des candidats &lt;/a&gt;? Sachant que l'élection se joue sur la visibilité
médiatique des candidats et que celle-ci est corrélée à leur capacité à acheter
du temps d'antenne, la différence ne se fait-elle pas par l'argent
collecté ? Qui fait la différence à ce jeu-là ? Une personne égale
une voix, mais quel est le prix d'un vote ?&lt;br /&gt;
Plus simplement, quand le citoyen lambda arrive dans l'isoloir, qui a choisi en
amont celui ou celle pour qui il peut voter ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année dernière, lors des présidentielles françaises, le premier choix des
électeurs était déjà restreint par le principe des 500 signatures de maires,
principe biaisé lui-même par le poids des deux principales formations
politiques qui avaient donné des consignes quant aux signatures. Il est
intéressant de se souvenir que Jean-Marie Le Pen, dont on pense ce que l'on
veut, mais qui s'est tout de même retrouvé au deuxième tour des présidentielles
de 2002 (si, si...), n'aurait pu se soumettre au suffrage universel en 2007
sans un ordre explicite du président de l'UMP pour lui donner &lt;a href=&quot;http://www.leplacide.com/dossier-Le-Pen-a-ses-signatures,-la-d%C3%A9mocratie-est-soulag%C3%A9e...-6599-1-6.html&quot;&gt;
les signatures manquantes&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
Ainsi donc l'arène politique s'auto-élit avant de passer au prisme
médiatique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les médias sont en position d'intermédiaires entre la scène politique et la
masse confuse du peuple. S'intéresser aux accointances entre sphère politique
et médiatique est donc pertinent, s'interroger sur &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2004/12/18/20-discrimination-positive&quot;&gt;la provenance sociale très
spécifique&lt;/a&gt; et concentrée de ces deux groupes sociaux, fondamental. Avant de
se prononcer pour un système politique, ne serait-il pas pertinent de
s'intéresser au contexte même de ce système, à la manière dont
l'organisation  économique et sociale va lui permettre de fonctionner
correctement. Peut-on envisager l'exercice démocratique sans droit à
l'information, à la liberté d'expression et à l'éducation de qualité pour
tous?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout système a tendance à s'auto-reproduire. Ceci est particulièrement vrai
pour les systèmes hiérarchiques, c'est à dire fondés sur le principe
d'inégalité. Il est même profondément antinomique que de prétendre gouverner de
manière démocratique une société hiérarchisée... à moins que le principe
démocratique ne soit profondément dévoyé, c'est à dire tendant entièrement à
l'auto-reproduction des élites. Or le capitalisme est un système économique
caractérisé par &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/01/07/34-la-valeur-de-la-vie-humaine&quot;&gt;une forte inégalité&lt;/a&gt; entre
ses différents acteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi fonctionne notre démocratie actuelle dans &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.ethologie.info/revue/spip.php?article15&quot;&gt;une dynamique de
compétition et de sélection&lt;/a&gt;. Faire partie de la classe dominante est
pratiquement une condition essentielle pour s'y maintenir et ouvre l'accès aux
formations indispensables à la fabrication de la trajectoire parfaite qui
conduit à coup sûr au pouvoir ou à un de ses strapontins. Le gouvernement
échoie donc naturellement à ceux qui sont formatés dans ce but. Et le système
leur étant, par définition, extrêmement favorable, ils n'ont aucun intérêt à le
changer ou à le faire évoluer, sauf dans le sens d'un plus fort renforcement de
leurs positions privilégiées.&lt;br /&gt;
A contrario, le reste de la population, tirant nettement moins de bénéfice de
l'organisation sociale, voire, la subissant à son corps défendant, a tout
intérêt à chercher le changement, le renversement de l'ordre établi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sachant que dans un système hiérarchique inégalitaire, il y a très peu
d'individus qui tirent avantage de la situation face à des groupes très étendus
de personnes qui ont intérêt à ce que les choses changent profondément,
l'illusion démocratique devient la manière la plus douce et la plus efficace de
maintenir l'ordre des choses durablement : La classe dominante produit un
personnel politique directement concerné par la stabilité du système ainsi que
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2003/02/RUFFIN/9931&quot;&gt;la
machine propagandiste nécessaire&lt;/a&gt; à la diffusion des discours susceptibles
de séduire les amateurs de changement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le vote devient alors l'acte unique par lequel l'individu pense contrôler son
destin et impulser le changement, les querelles et enjeux politiciens lui
tiennent lieux de réflexion et de projet de société, et ainsi, dans une
violence purement symbolique puisque confiscatrice du discours et de l'action,
l'illusion démocratique autorise la perpétuation du système le moins
démocratique qui soit : le capitalisme.&lt;br /&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>À gauche toute!</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/11/07/A-gauche-toute</link>
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    <pubDate>Fri, 07 Nov 2008 10:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Pol-éthique</category>
        <category>citoyen</category><category>démocratie</category><category>politique</category>    
    <description>&lt;p&gt;Soyons clairs : je suis dans une grande période de doute quant à la
validité de notre modèle politique et à la légitimité même de la démocratie
représentative et de ses rituels, néanmoins, ce matin, un petit communiqué au
coin d'un blog m'a fait un immense plaisir.&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=637&quot;&gt;Jean-Luc vient enfin de
lâcher la rampe !&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/2961702156/&quot; title=&quot;Il existe une fracture de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm4.static.flickr.com/3232/2961702156_554a3a8959_m.jpg&quot; alt=&quot;Il existe une fracture&quot; width=&quot;161&quot; height=&quot;240&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
Je n'ai pas l'âme d'une groupie, vraiment pas, mais je peux tout de même
apprécier certaines personnalités, pour leur engagement politique, leurs
convictions sans faille et jamais reniées pour un plat de lentilles, pour leur
vision du monde et la sincérité constante de leurs choix. Aussi, cela fait
depuis le &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/05/30/94-gueule-de-bois&quot;&gt;référendum bafoué de mai
2005&lt;/a&gt; que je suis du coin de l'œil les circonvolutions de l'ami Mélenchon
dans le marigot politique. Depuis 3 ans, je me demande et lui demande aussi à
l'occasion sur son blog, pourquoi il s'acharne ainsi à rester dans le camp des
sociaux-traîtres, à savoir cette carcasse fumante et puante qui a été,
autrefois, &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/04/26/85-le-dernier-des-socialos&quot;&gt;le parti de
Jean Jaurès&lt;/a&gt;. Il a toujours été absolument évident pour moi que Mélenchon,
étant un socialiste de conviction, n'avait plus que de grosses couleuvres à
avaler dans ce panier de roses pâles qui aspirent à se moirer d'&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.mouvementdemocrate.fr/&quot;&gt;orange&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne suis pas naïve non plus et comprends bien le choix stratégique qui
consiste à ne pas quitter un parti qui place des élus. On est toujours mieux au
Parlement qu'en dehors pour tenter de faire bouger les choses vers la bonne
pente. Mais il semblerait que &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.marianne2.fr/Resultats-du-quarte-au-PS-Royal-Delanoe-Aubry-Hamon_a92975.html&quot;&gt;
la dernière couleuvre en date&lt;/a&gt; s'est coincée en travers de son gosier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n'y a pas d'homme providentiel, mais il y a des actes, des impulsions qui
vont dans la bonne direction. Et choisissant de renoncer publiquement à la
mascarade pseudogauchisante du PS, Mélenchon a enfin le courage de montrer où
sont &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/06/05/96-la-republique-des-autistes&quot;&gt;les lignes de
fractures politiques dans ce pays&lt;/a&gt;. En se faisant, il rend les courants
nettement plus lisibles pour tous et ouvre enfin la perspective qu'un vrai
grand mouvement anti-capitaliste à gauche, la possibilité d'une forme d'union
sacrée contre le dépeçage du monde par les forces de l'argent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son départ du PS est significatif, même s'il n'est pas évident qu'il parvienne
à créer avec les autres forces en présence un &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Gauche_%28Allemagne%29&quot;&gt;Die Linke&lt;/a&gt; à la
française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est donc un bon début. Espérons que la Gauche, enfin clairement définie,
oubliera les conflits de personnes et les palabres sans fin autour de la place
de la virgule pour enfin s'unir autour d'un véritable projet de société.&lt;br /&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le jour où rien ne changea</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/11/04/Le-jour-ou-rien-ne-changea</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1caa9b114248fe747534bfc9cb8801d4</guid>
    <pubDate>Tue, 04 Nov 2008 16:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Horizons lointains</category>
        <category>Amériques</category><category>citoyen</category><category>civilisation</category><category>démocratie</category><category>guerre</category><category>international</category><category>inégalités</category><category>libéralisme</category><category>politique</category><category>société</category><category>élection</category>    
    <description>&lt;p&gt;En plein cœur de la tourmente financière mondiale, les élections américaines
suscitent une attente bien au-delà de leur portée réelle.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right; width: 200px;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://maester.over-blog.com/article-24282453-6.html&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Vive Maester!, nov 2008&quot; alt=&quot;Une lecture perspicace de Maester de l'actualité mondiale!&quot; src=&quot;http://blog.monolecte.fr/public/./.Cash-Or-Krach_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;p style=&quot;font-size: 0.8em;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://maester.over-blog.com/article-24282453-6.html&quot;&gt;Les Hallowinners©&lt;/a&gt; :
une lecture du monde perspicace de Maëster!&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://maester.over-blog.com&quot;&gt;Allez sur son blog&lt;/a&gt; et achetez-lui
ses divines BD, sinon, il va me taper parce que j'ai repris un de ses dessins
ici!&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
Alors que les mauvaises nouvelles économiques tombent avec la régularité et la
violence d'une averse orageuse, le monde entier (enfin, ceux qui ne sont pas en
train de crever de faim, de froid, de guerre, du SIDA, de pauvreté...) suspend
son souffle et attend, figé, que le verdict tombe des urnes américaines. Cette
attente est d'autant plus forte que la candidature de Barack Obama est
présentée depuis la fin des primaires comme une révolution intrinsèque, la
quasi-promesse d'une révolution profonde et douce à la fois. En fait,
l'Occident qui titube sous le poids de ses propres turpitudes attend son homme
providentiel, son sauveur... ce qui, l'Histoire nous l'enseigne, est toujours
une très mauvaise idée en soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne s'agit pas ici de me lancer dans le petit jeu des pronostics, mais de
regarder la situation d'un œil lointain et attentif et de laisser parler la
logique. Et que me dit la logique ? Qu'Obama devrait gagner. Non pas parce
qu'il est le plus beau, le plus fort, le plus intelligent et le moins vieux,
non pas que les Américains votant le préfèrent à l'autre, non pas qu'il soit le
meilleur choix, mais tout simplement parce qu'il faut bien quelqu'un pour aller
faire le sale boulot et que de ce point de vue, il est un candidat
parfait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De quoi va hériter le 44e président des États-Unis d'Amérique ?&lt;br /&gt;
Des restes putrides de la fin d'un énorme banquet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En gros, choper le job de président aujourd'hui, ça revient à ramasser les
croûtes de fromages et les boulettes de mie de pain sur la table et d'aller
ensuite astiquer le gras figé au fond des assiettes en cuisine, parce qu'il n'y
a plus personne pour payer l'addition. Sans compter que devant le resto
déserté, la foule des crève-la-faim gronde et menace, toute prête à déferler
dans l'établissement, car n'ayant pas encore bien compris que le service est
terminé, le cuistot volatilisé et que les rats ont déjà liquidé les
miettes.&lt;br /&gt;
Bref, un authentique boulot pourri dont il n'y a rien à espérer. Sans compter
que grâce au coup de poker absolument fou et incroyable de la crise financière
du mois dernier, les convives ont trouvé le moyen de se faire remettre la
caisse avant de se barrer. Avouons que c'était fort. Vraiment très fort. Et que
si j'étais Républicain ou un truc approchant, je n'aurais absolument pas envie
de rester aux commandes d'un bateau qui a été consciencieusement nettoyé,
démantelé et saboté et qui devrait maintenant partir par le fond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au contraire, j'aurais tout fait pour ne pas gagner. J'aurais choisi pendant
les primaires celui d'entre nous qui n'a plus grand-chose à attendre de la vie
et a fortiori de la politique, un type charismatique comme une moule, infoutu
d'enthousiasmer une salle de nymphomanes sevrées sous Viagra. Ensuite, je lui
aurais filé un budget de campagne digne d'une kermesse de village et lui aurais
adjoint les pires bras cassés du marketing politique qu'on n'aurait vu depuis
longtemps. Et si vraiment cette mauvaise volonté n'aurait pas suffi, je lui
aurais acoquiné comme colistière une bombasse psychorigide sortie du trou du
cul monde, voire &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Wasilla&quot;&gt;pire&lt;/a&gt;, avec
un maximum de casseroles collées au train pour être absolument certaine que le
plus minable et démotivé des journaleux ne puisse en manquer une.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien sûr, les Démocrates ne se sont pas laissés faire et ont choisi, les
fourbes, un noir &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9trosexuel&quot;&gt;métrosexuel&lt;/a&gt; au passé de
cryptobolchévique avec un deuxième prénom de terroriste preneur d'otage. Tout à
fait le genre de type capable d'exciter les &lt;em&gt;red neck&lt;/em&gt; du &lt;em&gt;middle
west&lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;
La course à reculons atteint donc son paroxysme aujourd'hui.&lt;br /&gt;
Heureusement que mes hommes tiennent les États clés et que dans le pire des
cas, ils sauront inciter les machines à voter pour l'autre camp avant qu'on se
retrouve avec tout ce merdier sur les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parce que, selon toute vraisemblance, la déception sera à la hauteur de
l'espoir insensé qui va probablement donner à Obama le job le plus pourri de la
planète : celui de président d'un pays totalement ruiné, lessivé, avec une
population qui s'enfonce dans la misère, des retours de manivelle annoncés en
cascade, que ce soit du point de vue social, politique, géostratégique,
diplomatique, environnemental et bien sûr économique. Et face à ça ? Un
pays isolé, mal aimé, décrédibilisé et dont les caisses sont plus que vides
(faut dire qu'avec mes potes, on n'a pas fait le boulot à moitié dans la
catégorie siphonnage de caisses et &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Paulson&quot;&gt;hold-up du siècle&lt;/a&gt; !) :
autrement dit, &lt;strong&gt;aucune marge de manœuvre&lt;/strong&gt;. Pour sortir
élégamment de ce piège à con, il faudrait quelque chose de totalement inédit,
nouveau, imprévisible. Pas juste une rupture de casting, mais un véritable
changement de société, le renoncement immédiat et définitif à un système
mortifère, injuste, vorace et malsain, mais qui se trouve être le pilier de
l'imaginaire de ce pays : le rêve américain, l'aspiration matérialiste à
l'accumulation du superflu et au confort bourgeois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, comme l'a souligné &lt;a href=&quot;http://www.lesmotsontunsens.com/video-obama-mccain-et-ralph-nader-dans-tout-ca-candidat-president-etats-unis-20081004&quot;&gt;
Nader dans sa campagne&lt;/a&gt;, avec Obama, rien de cela. Juste la continuité dans
un projet de civilisation pourtant parvenu à son terme et qui ne poursuit
encore sa route aveugle que porté par sa formidable force d'inertie. Et face à
cela, pas de prophète, pas de sauveur, pas d'homme providentiel possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement dit, l'élection d'Obama devrait maintenir l'illusion quelque temps de
plus, cristalliser les espérances et les énergies, mais nous avons déjà dépassé
le point de non-retour depuis longtemps et l'atterrissage devrait être d'autant
plus amer et violent que l'enthousiasme et la foi dans le &lt;q&gt;changement qui
permet de revenir en arrière&lt;/q&gt; seront forts ce soir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parce qu'en fait, c'est cela que tout le petit monde occidental veut réellement
aujourd'hui, vers cela que tend tous les désirs : pas un monde meilleur, pas un
monde nouveau, mais le monde tel qu'il était avant que ça se casse la gueule
dans tous les sens, un monde d'inégalités, certes, mais où nous nous
maintenions férocement au sommet de la chaîne alimentaire.
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  <item>
    <title>Boat People</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/28/Boat-People</link>
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    <pubDate>Tue, 28 Oct 2008 11:22:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Horizons lointains</category>
        <category>chroniques</category><category>histoire</category><category>migrations</category><category>société</category>    
    <description>&lt;p&gt;Nous sommes à la fin des années 70 et je suis en cours moyen, quand arrive
en cours d'année une petite fille plus vieille que nous et surtout porteuse
d'un univers entier de mystères et d'interrogations. L'institutrice nous la
présente comme étant Maï. Je comprendrais assez rapidement que Maï est son nom
de famille, mais que les profs sont infoutus de prononcer son prénom ou de même
simplement déterminer ce qu'est son prénom. Elle s'appelle en fait Huying Tran
Maï et elle vient du Laos. En fait, plus énorme encore pour notre petit univers
enfantin, elle est une &lt;em&gt;boat people&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/1018804866/&quot; title=&quot;Embarquement immédiat de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm2.static.flickr.com/1134/1018804866_f50a62731c_m.jpg&quot; alt=&quot;Embarquement immédiat&quot; width=&quot;240&quot; height=&quot;180&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
Des années que je n'avais pas pensé à Maï et aux &lt;em&gt;boat people&lt;/em&gt; de mon
enfance. Encore aujourd'hui, la simple évocation du mot &lt;em&gt;boat people&lt;/em&gt; me
renvoie systématiquement deux images, deux sensations : le sourire triste
de Maï et l'extraordinaire émotion que j'avais ressentie en voyant le cargo
&amp;quot;Île de Lumière&amp;quot; illuminer la nuit de la mer de Chine et sortir du néant obscur
des tas de gens entassés sur des barques pleines à couler. Je me souviens de
Kouchner (mais j'ignorais son nom) parti au milieu de nulle part pour sortir
les réfugiés du Sud-Est asiatique de l'état d'horreur où ils étaient plongés et
je me souviens encore plus de la fierté que j'avais ressentie en voyant que
j'appartenais à une nation capable de traverser les océans pour sauver des
hommes, des femmes et des enfants d'une mort certaine et horrible. Il y avait
eu une telle unanimité sur l'accueil des naufragés du bout du monde, une telle
volonté de tendre la main et surtout, d'accueillir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas loin du bled où j'étais scolarisée, il y avait un centre d'hébergement qui
avait été reconverti à l'époque en centre d'accueil pour les réfugiés. Un
endroit plutôt rieur, au milieu de la campagne, avec un projet éducatif pour
les enfants, la volonté d'insérer les plus grands. Les enfants qui arrivaient
par vagues successives étaient initiés rapidement au français et dès que les
éducateurs le jugeaient possible, rejoignaient les écoles du coin, étaient
scolarisés avec les enfants du cru. C'est ainsi que Maï était entrée dans ma
vie, propulsée à 11 ou 12 ans dans une classe de CM1, avec son histoire et ses
6 mois de français intensifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Maï était terriblement à part, dans ce pays où elle ne connaissait personne,
dont elle débroussaillait la langue. Profondément étrangère et donc immensément
attirante pour moi. Elle était un îlot de solitude au milieu de la cour de
récréation, il me suffisait d'aller à sa rencontre. Au fil du temps, de nos
jeux et de nos conversations, j'ai appris qu'elle était Laotienne, de ce petit
pays dont j'ignorais l'existence. Un jour, elle m'apporta un petit livre de
chez elle, un petit recueil recouvert de signes cabalistiques et merveilleux,
aux circonvolutions étranges et captivantes. Je crois bien qu'elle m'a appris
quelques mots de son pays, mais je les ai oubliés. Tout comme j'ai oublié son
visage. Mais pas son nom. Ni son histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour, finalement, un peu dans le fil de la conversation, elle me raconta son
histoire, son père disparu, sa mère désespérée, la guerre et la fuite avec ses
frères et sœurs, avec toutes les économies de la maison. Je crois me souvenir
que l'objectif était l'Amérique. Elle me raconta sa peur et les passeurs qui
prennent l'argent et entassent tout le monde sur une embarcation incroyablement
trop petite pour une mer terriblement dangereuse. Elle me raconta, en partie
seulement, la peur, encore, la faim, la soif, les requins qui rodent et les
pirates qui attaquent. D'après ce dont je me souviens, les pêcheurs thaïlandais
avaient compris qu'il était autrement plus rentable de rançonner les esquifs
remplis jusqu'à la gueule de réfugiés plutôt que de chercher du poisson. Ils
ont donc un jour abordé la barque et ont dépouillé les gens. Du peu qu'il leur
restait. Ils coupaient les doigts de ceux qui ne parvenaient pas assez vite à
enlever leur alliance, balançaient parfois les bébés par-dessus bord pour
dompter les mères, embarquaient les plus jolies filles et tuaient
impitoyablement ceux qui tentaient de s'interposer. Je crois me souvenir qu'une
de ses sœurs fut violée et un de ses frères tué et balancé aux requins pour
avoir tenté de la défendre. Cette partie du récit fut éprouvante. J'étais
pétrifiée par l'horreur et l'incompréhension. Jusque-là, je vivais dans mon
monde de gosses, avec ses drames immenses que l'on oublie dans une glace ou un
bonbec, avec les craintes des parents qui font rigoler, avec les monstres du
placard dont on se protège d'un revers de couverture. Comment imaginer que les
yeux noirs de ma copine du bout du monde, que ces yeux dans lesquels je me
reflétais, ces yeux d'enfant avaient pu voir ce que mes pires cauchemars
n'avaient su enfanter ? Voir l'horreur et continuer à vivre. Vivre
l'horreur et grandir, malgré tout. Maï espérait devenir quelqu'un. Elle bossait
dur à l'école pour se forger un avenir, avoir un métier, gagner de l'argent et
faire venir sa mère en France. Nous, on y allait surtout pour retrouver les
copains, parfois apprendre un peu, loin, très loin de ses préoccupations, dans
un éternel présent rieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne sais pas si Maï a pu retrouver sa mère, rejoindre son pays ou devenir
quelqu'un. Je sais juste que pour cette petite fille du bout du monde, notre
école de campagne, avec ses planchers grinçants, sa cantine pas bonne, ses
punitions, ses cris, ses rires et ses pleurs, mon école donc, avait été un
havre de paix, un refuge dans la tempête et l'espoir d'un avenir meilleur.
Parce qu'elle le voulait. Parce que nous le voulions aussi. Tous. Même Bernard
Kouchner sur son raffiot grinçant au milieu de nulle part, avec ses guirlandes
de lumières qui transperçaient la nuit comme un phare, un message
d'espoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 ans plus tard, il y a toujours des coquilles de noix lancées à l'assaut des
océans, toujours des malheureux qui fuient quelque chose, quelque part. Il y a
même toujours Bernard Kouchner. Mais il n'est plus sur un bateau. Il a pris la
barre, il a exactement le genre de responsabilités qui permettent de réaliser à
plus grande échelle ce qu'il avait fait sur &lt;em&gt;l'Île de lumière&lt;/em&gt;. Sauf que
maintenant, les crevards dans les bateaux de fortune, &lt;a href=&quot;http://www.gisti.org/spip.php?article217/&quot;&gt;ils ne fuient plus l'horrible
communisme&lt;/a&gt;, mais la misère semée partout par le capitalisme planétaire.
Sauf que maintenant, tout le monde s'en fout, excepté quand &lt;a href=&quot;http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1048&quot;&gt;les vagues recrachent les
corps&lt;/a&gt; sur les plages de villégiatures.&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Toutefois «sur l'immigration, j'ai changé parce que l'Europe est en&lt;br /&gt;
train de changer plus que nous» a-t-il ajouté en se référant notamment&lt;br /&gt;
à l'évolution de pays comme l'Espagne ou l'Italie sur cette question.&lt;br /&gt;
«Les mesures qu'a proposées (le ministre de l'Immigration) Brice&lt;br /&gt;
Hortefeux passent pour quelque chose de très sage» au plan européen,&lt;br /&gt;
a-t-il poursuivi, en rappelant que Paris allait plaider auprès des 27&lt;br /&gt;
pour l'élaboration d'un «pacte» sur l'immigration lors de la présidence&lt;br /&gt;
française de l'Union européenne, au second semestre 2008.&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2008/05/16/01002-20080516ARTFIG00424-bernard-kouchnera-ete-tente-de-demissionner.php&quot;&gt;
&lt;small&gt;Bernard Kouchner, Le Figaro, 16 mai 2008&lt;/small&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
Je ne crois pas qu'il n'y a que Kouchner qui a changé.&lt;br /&gt;
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  <item>
    <title>Les tiques du capitalisme et l'esprit de protestation</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/15/Les-tiques-du-capitalisme-et-l-esprit-de-protestation</link>
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    <pubDate>Wed, 15 Oct 2008 11:28:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Poil à gratter</category>
        <category>libéralisme</category><category>marchand</category><category>marketing</category><category>publicité</category>    
    <description>&lt;p&gt;Vite faits, vite vus et vite balancés dans la cave à pourriels, deux sales
petits mails qui rappellent inlassablement que le malheur des uns...&lt;/p&gt;    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bonjour,&lt;br /&gt;
Tout le monde tire la tronche .. personne n'a le moral a cause de la crise
actuelle.&lt;br /&gt;
Mais c'est pendant les crises que l'on voit les gagnants, les meilleurs , ceux
qui reussissent malgre le climat negatif.&lt;br /&gt;
Moi, depuis 5 jours, je porte une montre Cartier (une copie) mais personne ne
voit la difference et le week-end, une chanel.&lt;br /&gt;
Tout le monde est sur le cul. Et c'est bete mais on m'admire. Pour mes amis et
collegues, je suis un gagnant !! et bien sur ca ne passe pas inapercu au bureau
ou les filles me font les yeux doux.&lt;br /&gt;
Car l'apparence joue un role tres important. Donc que vous soyez homme ou
femme, vous avez tout a y gagner. Sortez du lot, agissez comme un gagnant(e).
Cela vous aidera au travail et avec la gente feminine ou masculine.&lt;br /&gt;
Je vais sur (&lt;q style=&quot;color: darkred;&quot;&gt;Tu peux crever, raclure opportuniste,
avant que je fasse de la pub à ton site de daube!&lt;/q&gt;) excellent choix et
rapide d'envoi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonne chance.&lt;br /&gt;
Sebastien&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le mail est juste copié/collé, en l'état.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même pas le temps de me sortir les griffes du plafond que voici le mail
suivant dans la liste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/public/foireauxpigeons.png&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Foire aux pigeons, oct 2008&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.monolecte.fr/public/./.foireauxpigeons_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dirait bien que la chasse aux pigeons est ouverte! Il s'agit de ne pas
voler en escadrille...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/15/Les-tiques-du-capitalisme-et-l-esprit-de-protestation#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/15/Les-tiques-du-capitalisme-et-l-esprit-de-protestation#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://blog.monolecte.fr/feed/rss2/comments/287150</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Prends-en de la graine!</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/13/Prends-en-de-la-graine</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0e926b5687e3533df30538f0c226ff36</guid>
    <pubDate>Mon, 13 Oct 2008 18:11:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Innovaction</category>
        <category>civilisation</category><category>consommation</category><category>démocratie</category><category>goût</category><category>inégalités</category><category>lutte</category><category>politique</category><category>économie</category>    
    <description>&lt;p&gt;Le premier des droits de l'homme, c'est celui de se nourrir
correctement.&lt;br /&gt;
Sans accès à la nourriture, tout le reste n'est que tartufferie.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/1256020888/&quot; title=&quot;Brochette de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm2.static.flickr.com/1348/1256020888_e16644b9b5_m.jpg&quot; alt=&quot;Brochette&quot; width=&quot;240&quot; height=&quot;167&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;small&gt;brochette&lt;/small&gt;&lt;/div&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Pour briser ce «­­confusément», il faut rendre son unité au monde.
Rattacher riches et pauvres, vainqueurs et vaincus - comme des liens de cause à
effet.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
&lt;small&gt;François Ruffin, &lt;a href=&quot;http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1519&quot;&gt;&lt;em&gt;La guerre des
classes&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, Fayard, Paris, octobre 2008, p. 171.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
Il a bien raison, François Ruffin de soumettre le brouhaha médiatique à sa
grille de lecture que certains qualifieront de &lt;em&gt;simpliste&lt;/em&gt;,
&lt;em&gt;ringarde&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;éculée&lt;/em&gt;, de tout rapprocher de l'inévitable guerre
entre le Capital et le Travail. Parce que &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/09/Ceci-n-est-pas-une-crise&quot;&gt;cette crise
avec laquelle on nous matraque pour nous empêcher de penser le monde&lt;/a&gt;, cette
crise n'est jamais qu'un gros rôt d'indigestion de ceux qui possèdent aux
dépens de ceux qui triment. Deux petites infos se répondent ainsi ce matin et
donnent la mesure de ce qui arrive vraiment : &lt;a href=&quot;http://bellaciao.org/fr/spip.php?article72490&quot;&gt;USA et UE ont dépensé en une
semaine de quoi nourrir le monde pendant 50 ans&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.bakchich.info:8080/article5402.html&quot;&gt;Le sondage publié dans le JDD
du 12 octobre sur le travail des Français le dimanche est truqué&lt;/a&gt;. Le
capital qui confisque de quoi nourrir tous les affamés de la Terre pendant un
demi-siècle et le même capital qui dit au travail qu'il va falloir encore
trimer plus. Plus, toujours plus pour eux et toujours moins pour tous les
autres. Ils disent que leur système est un progrès pour l'humanité, mais
&lt;a href=&quot;http://www.cadtm.org/spip.php?article3269&quot;&gt;ils affament le monde&lt;/a&gt;.
&lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/2008/05/05/le-droit-a-lalimentation-est-un-droit-de-lhomme-fondamental&quot;&gt;
Ils oppriment les peuples de la pire manière que ce soit&lt;/a&gt;, par la
faim.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils sont en train de &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2008/04/21/De-quoi-Monsanto-est-il-le-nom&quot;&gt;privatiser
le vivant&lt;/a&gt; pour que nous soyons totalement dépendants d'eux pour notre
survie. Ils s'arrogent ainsi le droit de vie et de mort sur l'ensemble de
l'humanité, décidant par leur argent qui aura le droit aujourd'hui de manger ou
qui devra s'allonger dans un fossé en attendant la fin. Ils décident aussi de
la qualité et de la variété de ce que nous avons le droit d'absorber pour nous
nourrir. C'est ainsi que la communauté européenne, aux ordres du capital, a
décidé que nous allions payer fort cher le droit de manger &lt;a href=&quot;http://www.elunet.org/spip.php?article4777&quot;&gt;des fruits et des légumes encore
plus nocifs&lt;/a&gt;. Alors même que la relation entre &lt;a href=&quot;http://www.marianne2.fr/Les-enfants-malades-des-pesticides_a91817.html&quot;&gt;environnement
pollué et prévalence des cancers est enfin admise&lt;/a&gt;, du bout des lèvres.
Consommez plus pour nous enrichir plus et crever plus vite, plus nombreux et
plus jeunes.&lt;br /&gt;
Comment pouvons-nous accepter cela une seconde de plus ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h3&gt;Une histoire de goût&lt;/h3&gt;
&lt;div style=&quot;margin: 0 5px 5px 0; float: left;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/2937696953/&quot; title=&quot;Petit piment de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm4.static.flickr.com/3009/2937696953_ce0e6564c1_m.jpg&quot; alt=&quot;Petit piment&quot; width=&quot;240&quot; height=&quot;161&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;small&gt;Petits piments de HLM&lt;/small&gt;&lt;/div&gt;
À quand remonte la dernière fois que vous vous êtes vraiment régalés d'une
tomate pleine de soleil, que vous avez goulûment planté vos crocs dans sa pulpe
gorgée de saveurs ? Cela m'est arrivé cet été, quand nous avons échangé
avec des amis un peu de maintenance informatique contre un panier de légumes de
leur jardin. Parce que ce n'est pas dans les supermarchés que je risque de
croiser des fruits pareils. Même plus au marché du bled, où les tomates ont la
même gueule lisse et le même manque de goût et de texture que celles de la
grande distribution. Toujours les mêmes petites boules dures et imputrescibles
que l'on peut oublier sans dommage pendant plus d'un mois au fond du frigo.
Toujours les mêmes légumes, un de chaque sorte, été comme hiver... déprimant,
pas bon, pas envie. Des années de recherches agronomiques pour ça : des trucs
qui poussent hors sol, hors saison, hors goût, qui peuvent passer des jours et
des jours en chambres froides sans bouger, qui peuvent sauter d'un continent à
l'autre, qui se logent dans des petites cases normées, optimisation de
l'espace, rentabilité maximum.&lt;br /&gt;
Je me souviens d'une boutade des années 80, où l'on disait que l'Europe ne
servait à rien, si ce n'est à calibrer les concombres... sauf que ça, ce
n'était pas rien. C'était tout. Notre droit à manger de bonnes choses contre
leur impératif de profit à tout prix. Aujourd'hui, les légumes sont bien
calibrés, bien chers et bien dégueulasses. Du coup, ils ont pondu du marketing
sous couvert de santé pour nous faire avaler la couleuvre : il faut manger 5
fruits et légumes par jour. Il faut bouffer leur frankenfruits, avec leurs
pesticides au taquet, leurs OGM et leurs prix toujours plus élevés, parce
que... c'est de la faute au gel, au manque de pluie, de soleil... marrant comme
argument quand on pense deux secondes qu'il s'agit de végétaux de serres
cultivés hors sol. D'ailleurs, les légumes de mes voisins, les deux pieds dans
le crottin, ils n'ont pas tant souffert que cela des aléas climatiques...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout le monde est d'accord pour dire que les légumes du jardin, c'est bien
meilleur... alors quoi ? Pourquoi tous ces jardins d'agrément avec leurs
fleurs stériles et leur pelouse au Roundup, que ce soit dans les bleds ou les
banlieues pavillonnaires ? Ce n'est même pas une question de temps ou de
pénibilité, quand on voit le temps passé à tondre l'herbe au carré, à biner
autour des bégonias.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À quel moment est-il devenu évident que l'autoproduction alimentaire familiale
était moins importante que les fonctions ornementales?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h3&gt;Extension du domaine de la culture&lt;/h3&gt;
&lt;div style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/2938540970/&quot; title=&quot;Potager de HLM de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm4.static.flickr.com/3035/2938540970_e478efe4f1_m.jpg&quot; alt=&quot;Potager de HLM&quot; width=&quot;161&quot; height=&quot;240&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;small&gt;Potager urbain&lt;/small&gt;&lt;/div&gt;
Dans mon bled, comme ailleurs, il y a des gosses de l'âge de ma fille qui ont
déjà toutes leurs dents bouffées par des caries, des mouflets gonflés comme des
popcorns, nourris aux croquettes pour humains et dont les parents pensent qu'un
verre de nectar de fruits blindé au sucre, c'est un fruit comme un autre. Nous
nous sommes laissés entraînés dans la médiocrité alimentaire pour le plus grand
profit de quelques-uns. Les gens n'ont pas faim sous nos latitudes... certes,
pas encore, mais beaucoup souffrent de malnutrition. Quand Bové démontait le
MacDo de Millau, il avait déjà tout compris. Tout comme &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Via_Campesina&quot;&gt;Via Campesina&lt;/a&gt; et son combat
pour &lt;a href=&quot;http://www.viacampesina.org/main_fr/&quot;&gt;la souveraineté
alimentaire&lt;/a&gt;. L'autosuffisance. Le fait que les gens ne puissent plus crever
de faim ou de malbouffe pendant leur pays exporte des matières premières
agricoles à gogo. La faim est rarement un problème climatique ou agraire. C'est
plus souvent une arme politique, économique, utilisée volontairement, une arme
de destruction massive qui ne dit pas son nom. Et ce n'est pas seulement un
problème de pays pauvre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a un an, alors que j'amenais ma fille à l'école, j'ai vu un homme se
diriger derrière sa barre HLM avec une binette. Je l'ai suivi, et j'ai
découvert que cet homme avait pris son alimentation en main. Sans terre. Sans
moyens. Il a juste décidé de mettre en culture le petit trottoir d'herbe pelé
qui entoure souvent les immeubles et dont personne ne fait rien. Il fait
descendre au besoin un tuyau d'arrosage par la fenêtre de sa cuisine. Il a
récupéré des culs de bouteilles en plastique pour ses semis. Et ça
pousse.&lt;br /&gt;
Bien sûr, ce n'était pas prévu, cette utilisation d'un non-espace public, une
bande de terrain dont on ne fait rien, qui ne sert à rien, qu'on ne voit pas,
n'entretient pas, qu'on ne pense même pas. Lui, il a simplement changé de point
de vue et il améliore son ordinaire. Rien ne l'empêche de le faire.
&lt;p&gt;Dans la cité à côté, au milieu des barres, il y a le carré de pelouse. Un
truc grand comme un immeuble comme il y en a des milliers et des milliers dans
les cités où l'on parque les pauvres. Ceux qui font leurs courses dans les
discounters. Qui ont les dents pourries. Qu'ils ne peuvent même plus faire
soigner. Ce carré, ce n'est même pas de la pelouse. C'est vaguement tondu deux
fois par an, pelé par endroits. Ça bouillasse en hiver et ça poudroie en été.
Les gens n'y vont même pas y prendre l'air ou le soleil, les gosses y jouent à
peine. Encore un non-espace. Qui pourrait fournir la cité en fruits et légumes
frais pour peu d'efforts. Avec quelques outils, beaucoup de conseils. Et
surtout, l'idée que c'est possible.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;margin: 0 5px 5px 0; float: left;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/2937719539/&quot; title=&quot;Sème à tout vent de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm4.static.flickr.com/3251/2937719539_f40ca19fc6_m.jpg&quot; alt=&quot;Sème à tout vent&quot; width=&quot;240&quot; height=&quot;161&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;small&gt;Dans l'association culturelle du bled,&lt;br /&gt;
la culture, ça ne s'arrête pas aux livres...&lt;/small&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Réinvestir l'espace public. Pas pour passer, pas pour flâner, encore que...,
mais pour s'approprier le droit de se nourrir correctement. Recréer les jardins
ouvriers dans les impensés de la ville, les interstices du tissu urbain. Une
jardinière de tomates sur le balcon, un pot de persil à la fenêtre, une rivière
de tomates en bordure du parking.&lt;br /&gt;
Varier les plaisirs, partager les récoltes. Du temps gagné sur la télé et
l'isolement. Et surtout, moins d'argent pour les rois de la malbouffe, les
accapareurs du vivant.&lt;/p&gt;
Ce n'est pas pour rien que les semenciers poursuivent &lt;a href=&quot;http://www.kokopelli.asso.fr/&quot;&gt;Kokopelli&lt;/a&gt; et ses graines que l'on peut
resemer. Ce n'est pas pour rien que les géants cherchent à &lt;a href=&quot;http://www.kokopelli.asso.fr/proces-kokopelli/gnis-fnpsp6.html&quot;&gt;écraser le
nain joueur de&lt;/a&gt; flute : pour nous priver de notre droit à nous
alimenter par nous-mêmes, pour nous rendre totalement dépendants. Il faut que
nous occupions nos carrés de jardin à faire de l'ornemental coûteux selon leurs
critères : des espèces hybrides et stériles, qu'il faut racheter tous les
ans, avec des tas d'intrants chimiques que nous achetons à prix d'or. Et qu'en
plus, nous n'ayons pas d'autre choix que de leur acheter leurs légumes pour
nous nourrir. Fort mal, par ailleurs. &lt;a href=&quot;http://www.kokopelli.asso.fr/ouvrage-semences-de-kokopelli/index.html&quot;&gt;Dans
son dernier bouquin, Kokopelli&lt;/a&gt; démontre que non seulement les quelques
pauvres espèces qui sont couramment proposées à la consommation sont
déprimantes en terme de goût et de variété, mais qu'en plus cet appauvrissement
gustatif s'est accompagné d'un terrible appauvrissement nutritionnel.&lt;br /&gt;
On comprend mieux pourquoi Kokopelli se mange procès après procès.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela a l'air de rien, mes histoires de légumes, de &lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/california-dreamin/2008/09/26/planquez-vos-friches-la-guerilla-du-jardinage-a-commence&quot;&gt;
réappropriation des friches urbaines&lt;/a&gt;, mais c'est pourtant le début de la
remise en cause du système qui nous opprime. La révolution ne se fait pas
forcément dans la rue ou à coup de pavés. Les grands changements sont toujours
plus discrets, plus profonds et plus diffus. Rien d'insurmontable et pourtant,
de cette simple revendication peut germer de nouvelles pratiques, de nouveaux
rapports sociaux, de nouveaux circuits économiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De simples petites graines...&lt;br /&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/13/Prends-en-de-la-graine#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Ceci n'est pas une crise</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/09/Ceci-n-est-pas-une-crise</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:67d3d21d915aa699e4d441d8fa9ff6a4</guid>
    <pubDate>Thu, 09 Oct 2008 15:32:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Poil à gratter</category>
        <category>catastrophe</category><category>citoyen</category><category>civilisation</category><category>discours</category><category>démocratie</category><category>guerre</category><category>inégalités</category><category>libéralisme</category><category>lutte</category><category>politique</category><category>économie</category>    
    <description>&lt;p&gt;Depuis quelques jours, il y a un concert de tamtam dans la volière et c'est
la panique à bord. Il n'est plus possible d'avoir la moindre petite connexion
médiatique (journaux, radio, TV, web) sans se retrouver littéralement submergé
par un tsunami de hurlements échevelés : &lt;q&gt;c'est la crise, c'est la crise,
c'est la crise !&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Ça a l'air de franchement &lt;a href=&quot;http://www.lafinducapitalisme.net/post/2008/09/15/When-the-shit-hits-the-fan&quot;&gt;chier
dans le ventilo&lt;/a&gt;, vu comme cela...&lt;/p&gt;    &lt;img title=&quot;Ceci est bien une pipe, oct 2008&quot; style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.monolecte.fr/public/Simenon.gif&quot; /&gt;Sans
rire, vous n'en avez pas marre de vous faire dicter vos actions et émotions par
les mêmes guignols, ceux-là mêmes qui ont rabâché sans rire pendant des années
que le libéralisme et la dérégulation sont bons pour notre poil, qu'un bon
citoyen est un citoyen qui se vautre comme un goret dans la consommation à
outrance et à crédit, s'il vous plait, qu'&lt;a href=&quot;http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1508&quot;&gt;il faut aimer les
riches&lt;/a&gt; et les patrons, parce que ce sont eux les forces vives, eux qui
créent la richesse, laquelle, si elle est assez abondante au sommet finira par
ruisseler doucement jusqu'aux assoiffés parqués sous la table du banquet ?
Cette agitation à la limite du &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_de_Gilles_de_La_Tourette&quot;&gt;Tourette&lt;/a&gt;
viral serait drôle si elle n'était aussi pathétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h3&gt;Mais, putain, c'est la crise !&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;
À les écouter, on va tous se retrouver dans une galère pire que dans un roman
qui aurait été écrit par Steinbeck, Dickens et Zola réunis. Il ne nous reste
qu'une issue : les écouter, approuver leurs plans de relance et filer sans
moufter le blé que nous avons épargné, mois après mois, années après années,
péniblement, sur les maigres subsides qui nous tiennent lieu de salaires. Car
ce sont les mêmes, qui se foutaient de la gueule des Cassandres qui
prétendaient que les arbres de l'immobilier ne peuvent monter jusqu'au ciel,
qui ramènent leur science aujourd'hui pour nous expliquer qu'ils nous l'avaient
bien dit (même pas le courage de leurs erreurs et aveuglements, ces faisans!)
et que pour s'en sortir, il faut filer plein, plein de pognon à leurs petits
copains qui se sont bien gavés, jusqu'à vidanger le système et nous précipiter
dans... la récession.&lt;br /&gt;
Ouf, voilà, le gros mot est lâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est pire qu'une crise, ce qui nous arrive, c'est une putain de récession,
avec des millions de chômeurs, des boîtes qui ferment partout, des cantines
compassionnelles pour pauvres et des SDF plein les rues des villes... comme
d'hab', quoi!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parce qu'en fait, la crise n'est pas le problème, elle est le mode normal de
fonctionnement du capitalisme. Le scénario est toujours le même : des mecs
qui ont l'argent et qui avec, veulent en gagner toujours plus, des montages
financiers qui reposent sur du vent, l'emballement de la machine, le mythe de
la croissance infinie dans un monde parfaitement fini, la prédation de tous
contre tous, la montée des inégalités, le déferlement de la misère, encore plus
de concentration de pouvoir et d'argent, le blanc-seing des politiques à cette
curée hargneuse, la collaboration féroce des porte-flingues, des traîtres à
leur classe, des sans-grade qui prennent les strapontins pour des
marches-pieds, des politicards qui vont à la soupe avec la même avidité qu'ils
envoient leurs électeurs benêts à l'équarrissage, et au bout du compte et des
mauvais calculs, le château de cartes s'effondre sur la piétaille pendant que
les nantis organisent la faillite des nations pour se refaire avant le prochain
tour de poker menteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Personnellement, je n'en ai rien à cirer de leur crise : je suis tombée
dedans quand j'étais petite. Un soir, mon père est rentré du boulot avec une
4L. Il avait revendu, pour cause de crise du pétrole, la Commodore, la belle
américaine morfale à la gigantesque banquette arrière où je m'allongeais pour
les longs trajets.&lt;br /&gt;
Depuis ce moment-là, ça a toujours été la crise : éteindre la lumière en
sortant d'une pièce, pour économiser, mettre un gilet en hiver plutôt que de
monter le thermostat, bosser dur à l'école pour échapper au chômage galopant,
collectionner les diplômes et les emplois de merde sous-payés, des loyers qui
grimpent avec des revenus qui stagnent au mieux, toujours rogner, accepter le
SMIC comme plafond de verre et renoncer, petit à petit à toujours plus de
choses : les sorties, les restos, les loisirs, les journaux (ça, ça a été
facile!), les fringues, les déplacements, les livres (ça, ça a été vraiment
dur!), les soins, le chauffage... Là, il ne reste plus grand-chose à rogner en
dehors de la bouffe et du logement, mais même ce peu, ça fait encore envie aux
charognards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récession guette les classes moyennes prévoyantes qui avaient placé leur
éconocroques dans des PEA pour leur faire gicler au moins du 15 % par
an ? Vont-ils devoir renoncer à la résidence tertiaire ? Aux vacances
d'entre saisons à Saint-Domingue (là où la vie des larbins est moins chère).
Nous sommes des millions en face à nous être serrés la ceinture cran après
cran, depuis des années, pour leur servir leur putain de 15%, puis 20, puis
30%... jamais assez et jamais envie de savoir d'où vient le fric. C'est bien
connu, quand tu ne sais pas, tu n'es pas coupable, même pas complice. Suffit de
regarder ailleurs, de prendre l'oseille et d'en profiter à fond les ballons,
comme Louis, le gentil retraité que décrit François Ruffin dans son livre
&lt;a href=&quot;http://www.bibliosurf.com/La-Guerre-des-classes&quot;&gt;&lt;em&gt;La guerre des
classes&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. Tout content d'avoir triplé sa mise en PEA en 10 ans et
refusant de voir le lien avec l'explosion des bas salaires, des temps partiels,
du chômage, des Smicards. Pas voir, tout prendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h3&gt;L'économie Gillette&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/public/panique.png&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Panique au Machin Palace, oct 2008&quot; style=&quot;margin: 0 0 1em 1em; float: right;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.monolecte.fr/public/./.panique_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Bref, la crise, c'est la leur. La récession,
c'est un petit coup de canif dans le bling-bling, c'est juste un nouvel
écrémage de vainqueurs dans le petit lot de ceux qui pensaient avoir réussi à
s'extraire au-dessus de la masse laborieuse et souffrante, c'est un
réajustement de compteurs. Il ne faut pas croire que le fric a disparu.
L'argent ne s'est pas évaporé, ce sont les promesses de gains anticipés sur
notre travail réel qui ont été réétalonnées, un temps, sur l'économie réelle.
Parce qu'ils ne peuvent finalement pas nous prendre plus de fric que celui
qu'ils consentent encore à nous lâcher, fort parcimonieusement, par ailleurs.
C'est ça, la crise des subprimes. L'étonnement de voir que les pauvres payés au
lance-pierre n'allaient pas pouvoir payer 2 fois leur valeur des baraques qui
coûtent déjà plus d'une vie de labeur.&lt;br /&gt;
C'est sûr, quelle surprise !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vraie surprise, pourtant, pour les loqueteux, ça aurait dû être de découvrir
que l'argent qui manquait connement il y a quelques jours pour leur éviter de
crever la bouche ouverte, cet argent aujourd'hui sort de partout pour colmater
les dettes de jeu de ceux qui avaient pourtant déjà tout. Pas de fric pour
l'école, la recherche, la santé, les retraites, les banlieues, les chômeurs,
les fonctionnaires. Mais 10 fois, 100 fois, 1000 fois plus de fric, comme ça,
au débotté, pour combler les fouilles des banquiers. Ça, ça devrait être la
putain de surprise, la vraie leçon de la crise. Et où comptent-ils trouver tout
ce pognon qui leur faisait si cruellement défaut quand on en avait besoin pour
honorer de simples engagements de l'État devant les citoyens ? Ils
hésitent : le livret A, le LEP... les petits bas de laine des gagne-petit.
Plus une dette supplémentaire qu'il n'est plus subitement honteux de faire
peser sur notre descendance. La dette pour les investissements humains, c'est
mauvais. La dette pour nourrir l'ogre financier, c'est bien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le capitalisme, c'est comme les rasoirs Gillette : une première lame pour bien
choper le pauvre et une seconde pour lui faire les poches. Puis une troisième,
au cas où la seconde aurait oublié du pèze dans les coins inaccessibles. Et
pourquoi pas une quatrième, pendant qu'on y est ? Pour finir d'essorer le
pauvre avant qu'il ne se rétracte. Directement dans le vif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui compte, c'est de nous maintenir dans un état de panique
permanent : le chômage, les talibans, la crise. Qu'on ait bien peur et que
l'on soit prêt à suivre n'importe quel dogme, du moment qu'il sort de la bouche
d'un homme providentiel. Pour que l'on soit dans l'urgence, pas dans la
réflexion : &lt;q&gt;vite, on est dans la merde, videz vos poches... heu, mais
pas vos comptes en banque (on en a encore besoin !)&lt;/q&gt;. Il nous faut
avoir peur de la misère noire qu'annonce la crise qui déferle. Cette crise
qu'ils nous agitent sous le nez comme une mulletta pour que nous ne voyons pas
que les seuls perdants, c'est nous, que le fric qui est aspiré goulûment par
&lt;a href=&quot;http://www.ladominationdumonde.blogspot.com/&quot;&gt;les boites noires
commodément opaques des chambres de compensation&lt;/a&gt;, c'est le nôtre, que leur
richesse, c'est notre pauvreté, qu'ils ont absolument besoin de nous pour
continuer de la même manière alors que nous n'avons pas du tout besoin d'eux
pour vivre mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parce que nous n'avons pas besoin d'eux et de leur système confiscatoire
mortifère, alors qu'eux colonisent nos vies pour bâtir leurs fortunes.&lt;br /&gt;
Pas besoin d'eux pour construire autre chose, ici et maintenant.&lt;br /&gt;
Et les laisser dans leur merde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n'est pas une crise, c'est une révélation. Ce n'est pas le chaos, c'est la
revanche du réel. Ce n'est pas la fin, mais peut-être bien le début.&lt;br /&gt;
Ils vont tenter de nous vendre au prix du sang leur &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.yetiblog.org/index.php?2008/10/09/343-monnaie-de-singe&quot;&gt;monnaie de
singe&lt;/a&gt; et leurs rêves de pierre, pour perpétuer le système. Le leur. Celui
qui leur profite.&lt;br /&gt;
La vraie révolution, c'est de cesser de les croire, &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2007/04/22/Peur&quot;&gt;ne plus avoir peur&lt;/a&gt; et passer à autre chose,
maintenant, ici et partout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est pour cela que l'âge de la critique se termine ici et que commence enfin
l'âge de faire.&lt;br /&gt;
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  <item>
    <title>Open bar</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/01/Open-bar</link>
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    <pubDate>Wed, 01 Oct 2008 10:59:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Brouhaha</category>
        <category>chroniques</category><category>folie</category><category>Internet</category><category>libéralisme</category><category>économie</category>    
    <description>&lt;p&gt;Alors qu'il y a encore quelques semaines, tous ceux qui, comme moi,
critiquaient ouvertement et vertement le capitalisme débridé se faisaient
traiter de réactionnaires allergiques au progrès et incapables de se conformer
à la réalité, voilà que ces derniers jours, les très nombreux thuriféraires du
marché triomphant expliquent à longueur de colonne à la une que les marchés ont
soufferts d'un défaut de régulation et qu'ils ont toujours dit que
l'immobilier, c'est comme les arbres, ça ne grimpe pas jusqu'au ciel.&lt;br /&gt;
Bande de faisans !&lt;/p&gt;    &lt;h4&gt;Paris, un peu avant l'automne 2000&lt;/h4&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img title=&quot;Courbes, oct 2008&quot; style=&quot;margin: 0 0 1em 1em; float: right;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.monolecte.fr/public/courbes.jpg&quot; /&gt;Je ne sais absolument plus ce que je fais à
Paris, ni quel mois précisément. Je suis hébergée chez un de nos meilleurs
amis, un pote de fac qui bosse dans le secteur de la finance, mais n'en reste
pas moins totalement fréquentable. Ce soir, c'est &lt;em&gt;open-bar&lt;/em&gt; sur les
Champs pour le lancement d'une boîte de boursicotage en ligne qui a débauché un
bouquet de ses potes à lui des banques plus sérieuses et assises sur le marché.
Le truc est sur invitation, mais je pense que Jean (appelons mon ami Jean) a
négocié ma venue en l'échange de la promesse d'exhiber une vraie gauchiste du
bled, ascendant Arlette Laguiller en plus jeune et énervée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La toute nouvelle &lt;em&gt;startup&lt;/em&gt; a réservé un bar à cocktails bien chicos qui
donne sur les Champs Élysées, parce qu'à ce moment-là les boîtes Internet
peuvent tout se permettre et elles le font. À l'intérieur ça grouille de jeunes
loups carnassiers à la petite vingtaine triomphante. Pas encore tout à fait
trentenaire, je fais partie des seniors de l'aventure. Le champ' coule à flots
et des plateaux de sushis totalement délicieux tournent non-stop au milieu de
convives qui s'avachissent à mesure que le temps passe. De temps en temps, un
&lt;em&gt;winner's 2000&lt;/em&gt; tente de déclencher une bordée bolchévique, mais je suis
tellement captivée par le spectacle et les conversations que je suis en mode
éponge, immersion totale dans l'océan de &lt;em&gt;winnitude&lt;/em&gt; décomplexée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je reconnais quelques têtes dans le tas, des anciens de notre tribu d'étudiants
qui se retrouvaient chez Jean le samedi soir pour bouffer des pizzas au
cassoulet et autres explorations culinaires à même le tapis, tout en
s'abreuvant de vodka au piment.&lt;br /&gt;
Quelqu'un a monté un vidéoprojecteur dans un coin et fait une démo du site
boursier, avec ses petites courbes qui montent, montent, jusqu'au ciel... Je le
reconnais. La dernière fois que je l'ai vu, il était un Dark Vador très
convaincant qui dansait sauvagement sur le thème de &lt;em&gt;l'Île aux enfants&lt;/em&gt;
lors d'une soirée &lt;em&gt;eighties&lt;/em&gt; chez un autre de la bande. À la fin de la
démo, il lance la distribution des contrats d'adhésion au site :
500 FRF offerts pour les souscripteurs de la première heure. Et champagne
pour tout le monde ! Nous sommes nettement plus de 100 à nous abreuver aux
frais de la toute jeune société. Ils ne jettent pas les biftons comme
confettis, mais dans ma tête, c'est tout comme. Je tète un &lt;em&gt;gin fizz&lt;/em&gt; au
long court et signe en bas de la page. Huit ans plus tard, je reçois toujours
mon bilan financier annuel de cette boîte : un peu plus de 76 €.
Jamais touchés. Jamais placés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gros sujet de conversation, ce sont les placements sur le CAC 40. D'une
manière qui m'est totalement obscure, les gars jouent la valeur du CAC 40 à
terme. Certains ont misé dans les 20000 FRF que le CAC passera les 8000
pts avant Noël. D'autres ont investi beaucoup plus. Et sur l'écran, les petites
courbes grimpent, grimpent toujours.&lt;br /&gt;
Je leur demande s'ils ont des &lt;em&gt;bookmakers&lt;/em&gt;. Certains rigolent, d'autres
ont juste une petite moue de mépris. On ne joue pas, ici, camarade, on opère
des placements sur des marchés à terme, on achète des options sur des valeurs
sans avoir le fric, mais ce n'est pas grave, parce que le jour où on devra
payer, on aura déjà revendu avec une belle petite plus-value pour financer le
Nouvel An à Hong Kong. Manière, je ne peux pas comprendre, c'est de la finance,
c'est du sérieux, ce n'est pas comme le livret à la &lt;em&gt;Caisse d'Épargne&lt;/em&gt;,
un truc de &lt;em&gt;loosers&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Tu vois, le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/MATIF&quot;&gt;MATIF&lt;/a&gt;, ben
on doit être 3 ou 4 sur l'ensemble des &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Salle_de_march%C3%A9&quot;&gt;salles de marché&lt;/a&gt; de
Paris à vraiment comprendre comment ça marche dedans. Mais tout le monde y
place ses billes, parce qu'à la sortie de la boîte noire, on fait du fric,
plein de fric.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Comprend pas. Pour moi, c'est du casino, c'est tout.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Bon... tu vois la gestation du cochon ?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;...&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Ben c'est l'origine de tout. Le fermier fait saillir sa truie et il sait
que 112 jours plus tard, il aura en moyenne une dizaine de porcelets. Donc, il
peut vendre sa production à terme. C'est un cycle boursier. Le truc, c'est de
jouer sur les variations du prix du cochon sur 112 jours...&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Un putain de casino, avec des paris sur le prix, non pas des choses, mais des
indices des cours des promesses d'achats et de vente dans 90 jours. Des gamins
qui achètent des paris avec un gain anticipé sur le marché, donc avec du
vent.&lt;br /&gt;
Tant que ça grimpe, tout va bien... il y a aussi toujours des malins qui jouent
baissiers... faut prendre des options en cas de retournement, mais bon, le plus
souvent, c'est du fric foutu en l'air, y aller sans couverture, c'est plus
rentable. On parle de cavalerie et de &lt;em&gt;varans&lt;/em&gt;... Il y a déjà des
cadavres incrustés dans les sofas tout mous. Les winners ne font rien à moitié,
que ce soit pour jongler avec le fric des autres ou se mettre cartable avec la
picole. Tout le temps à fond. C'est pour cela que la moyenne d'âge est aussi
basse dans les salles des marchés des grandes banques. L'espérance de vie s'y
compte en mois, plus rarement en années. Faut se dépêcher de remplir les
fouilles avec un maximum d'oseille, avant de migrer dans un service plus calme
de la banque. Même auditeur, à côté, c'est du gâteau. Certains racontent en
rigolant qu'un peu avant l'ouverture du bal, à 9h00 à Paris, ça sent le picrate
et le pernod dans les salles de marché. La coke, ça ne sent rien. Tout le monde
est blindé, parce que dès que le coup d'envoi est lancé, on ne débande plus,
faut brasser. Comme des lapins qui traversent l'autoroute. Pression maximale
pour un maximum de profits. Le fric cabriole de mains en mains, mais sans salir
les doigts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À la fin de l'année, les gamins ramassent le &lt;em&gt;jack pot&lt;/em&gt;, des primes
relatives au fric ramassé pendant l'année. Certains espèrent faire la culbute
plusieurs fois par rapport à leur salaire annuel, qui n'est déjà pas minable.
D'ailleurs les primes, ils les ont déjà investies sur des produits spéculatifs.
Le fric pond du fric, &lt;em&gt;ex nihilo&lt;/em&gt;. C'est la fête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On se retrouve à tituber sur les Champs au petit matin. Sapés luxe en déhanché
caniveau.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;C'est galère pour avoir un taxi par ici à cette heure : ils se
méfient de nous, parce qu'on a tendance à gerber sur leur banquette
arrière.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Évidement, cette année-là, personne n'est parti fêter le Nouvel An à
HongKong.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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      </item>
    
  <item>
    <title>Sauvons Actu&gt;chômage</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/09/25/Sauvons-Actuchomage</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ae780504ecd731f0e71a72fba402b52c</guid>
    <pubDate>Thu, 25 Sep 2008 10:25:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Carnets de chômage</category>
        <category>administration</category><category>chômeur</category><category>citoyen</category><category>lutte</category>    
    <description>&lt;p&gt;Le militantisme souffre ces derniers temps. Surtout celui qui a vocation à
défendre les plus faibles d'entre nous, à lutter contre la machine à écraser
les crevards, à ne pas nous laisser nous pondre dans la tête. Les appels de
détresse (financière et participative) se suivent et se ressemblent. Au bout
d'un moment, on peut être tenté de détourner la tête, de se dire qu'on ne
pourra pas sauver tout le monde. Pourtant, c'est moins le moment que jamais de
lâcher la rampe.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&amp;amp;name=News&amp;amp;file=article&amp;amp;sid=4021&quot;&gt;
&lt;img title=&quot;save actuchom, sep 2008&quot; style=&quot;margin: 0 0 1em 1em; float: right;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.monolecte.fr/public/actuchomsave_logo.png&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Depuis septembre 2004,
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.actuchomage.org&quot;&gt;Actuchômage, le site de
l'association des chômeurs militants APNÉE&lt;/a&gt;, informe les chômeurs, précaires
et salariés dans l'incertitude. Sur &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.actuchomage.org/index.php?name=PNphpBB2&amp;amp;file=index&quot;&gt;les forums
de l'association&lt;/a&gt;, des dizaines de bénévoles répondent quotidiennement aux
questions vitales que les visiteurs se posent : droit du travail, règlements
ANPE et ASSEDIC, possibilités de recours contre les radiations abusives, moyens
de défense face à des patrons-voyous. Le plus souvent, des travailleurs
précaires et/ou en situation de grande fragilité trouvent auprès des membres
d'Actuchômage écoute, réconfort, conseils et énergie pour continuer le combat
et ne pas couler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais plus depuis combien de temps je participe à l'aventure
d'Actuchômage. Je sais juste que quand je me faisais écraser la gueule par la
machine à radier et à couper les vivres, j'ai été bien contente de les trouver
et d'être écoutée, épaulée, soutenue dans &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/01/06/33-le-mythe-de-sisyphe&quot;&gt;l'épreuve du chômage&lt;/a&gt; et de la
précarité, à laquelle s'ajoute souvent &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2007/03/07/Petit-pot-de-terre&quot;&gt;le harcèlement des administrations&lt;/a&gt;
pourtant censées nous aider et nous protéger. Grâce au soutien et aux conseils
des participants des forums du site, j'ai pu faire valoir des droits qui nous
sont le plus souvent peu communiqués, j'ai pu me défendre, monter un projet et
même récupérer des billes qui m'avaient été injustement confisquées.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Pour faire court, quand on est précaires et dans la merde, il est vital
d'être parfaitement informés sur nos droits et devoirs et de ne pas devoir nous
contenter de ce que l'on veut bien nous dire au guichet et/ou au
téléphone.&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Même si je ne compte plus au nombre des chômeurs chichement référencés par
l'Administration, je reste adhérente à l'association et je tente, quand cela
m'est possible, de prendre aussi ma part de soutien à tous ceux qui sollicitent
notre écoute ou notre expertise de vieux briscards de la précarité. Et nous
sommes un certain nombre à consacrer une partie de notre temps à cette
tache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition d'Actuchômage serait donc un retour à l'isolement et la
faiblesse pour de très nombreux laissés pour compte de notre société et cela
même au moment où, la crise des rapaces aidant, nous allons être de plus en
plus nombreux à payer la facture de la cupidité de quelques-uns et à nous
retrouver blackboulés dans les fossés de la voie royale du succès professionnel
et financier.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Parce que demain, c'est peut-être vous qui serez à votre tour mis sur la
touche, vidé, harcelé, précarisé, paupérisé, exploité sans vergogne, &lt;ins&gt;SOYEZ
ÉGOÏSTE&lt;/ins&gt; et &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&amp;amp;name=News&amp;amp;file=article&amp;amp;sid=4021&quot;&gt;
aidez Actuchômage&lt;/a&gt;!&lt;/h4&gt;
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&amp;amp;name=PagEd&amp;amp;file=index&amp;amp;topic_id=2&amp;amp;page_id=10&quot;&gt;Adhésion&lt;/a&gt;
et dons à partir de la page d'accueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La fin de la Gauche?</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/09/22/La-fin-de-la-Gauche</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8d0812bd3a73eefb48b1d0217644b0d0</guid>
    <pubDate>Mon, 22 Sep 2008 09:45:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Pol-éthique</category>
        <category>citoyen</category><category>débat</category><category>Europe</category><category>libéralisme</category><category>politique</category><category>Sarko</category>    
    <description>&lt;p&gt;Petit rebond au saut du lit (ou presque) à la lecture d'un billet de
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/&quot;&gt;Jean
Quatremer&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le fait que Quatremer ne partage pas vraiment ma vision du monde ne
m'empêche pas de lire avec une belle régularité ce qu'il dévoile des
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/&quot;&gt;Coulisses de Bruxelles&lt;/a&gt;.
Il est aux premières loges pour ce qui est de son domaine de compétences, à
savoir... les coulisses de l'Europe, précisément.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/09/la-gauche-europ.html&quot;&gt;Quatremer
commence par remarquer le net recul de la gauche de gouvernement en Europe&lt;/a&gt;
ces 10 dernières années, avant de focaliser sur le déclin du PS et la montée de
la gauche radicale. Et c'est bien sûr à ce moment que nos points de vue
divergent :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’apparition de partis d’extrême gauche – qui refusent toute alliance
gouvernementale ou, s’ils l’acceptent, pratiquent une surenchère qui paralyse
toute action — ne fait qu’empirer la situation de la gauche : en Allemagne, «
Die Linke » va interdire pour longtemps le retour du SPD aux affaires. En
France, le Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot pourrait avoir le même
effet sur le PS. Bref, la crise que traverse la gauche est historique, même si
elle n’est pas mondiale comme le montre le triomphe des gauches en Amérique
latine.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, le déclin de la gauche n'est pas tant la disparition des idéaux
de gauche que le siphonnage de la gauche respectable et présentable (le
socialisme, donc) par une gauche un peu plus musclée (le NPA et ses confrères
européens comme &lt;em&gt;Die Linke)&lt;/em&gt;. Ce qui, de mon point de vue, est plus une
histoire de vases communicants et l'exact reflet sur la gauche de l'échiquier
politique de la radicalisation des partis de droite. Car il faut bien le dire,
il y a un sacré glissement vers la droite dure entre l'UDF de Giscard et l'UMP
de Sarko. Or personne n'y voit là le signe du déclin de la droite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'idée qui structure le billet de Quatremer, c'est que la Gauche (maintenant
réduite à sa seule composante socialiste) a cédé du terrain face à &lt;q&gt;la force
du capitalisme&lt;/q&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;François Hollande partage largement ce constat : &lt;em&gt;« la gauche connaît une
crise profonde en Europe depuis une décennie : elle n’est pas liée à une
personne ou au jeu normal de l’alternance politique » : « il y a bien eu un
décrochage entre la gauche et les citoyens, mais je ne pense pas que la gauche
disparaîtra pour autant »&lt;/em&gt;. Pour lui, il y a trois raisons à ce déclin :
&lt;em&gt;« d’abord, cela tient au fait que l’on a imposé l’idée qu’il n’y avait
qu’un seul monde, un seul système économique »&lt;/em&gt;. Ensuite, &lt;em&gt;« la droite
s’est restructurée »&lt;/em&gt; en s’appuyant sur &lt;em&gt;« l’individualisation des
rapports sociaux »&lt;/em&gt; et sur la remise en cause de l’État providence.&lt;em&gt;« La
droite n’est pas seulement libérale, elle est aussi autoritaire et populiste et
donne à des sociétés déstructurées un modèle d’ordre »&lt;/em&gt;. Enfin, &lt;em&gt;« la
gauche est sans modèle de référence ». « Même en 1997, lorsque la gauche était
majoritaire en Europe, il y avait en réalité plusieurs gauches »&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
C'est sur l'idée de décrochage entre la gauche et les citoyens que je rejoins
Hollande, encore que trahison me semble un terme un chouia plus adapté.&lt;br /&gt;
Quatremer termine son billet sur une sorte d'oraison funèbre de la gauche, avec
tout de même une petite touche d'espoir pour &lt;em&gt;ne pas désespérer
Boulogne-Billancourt&lt;/em&gt;, comme on disait autrefois :&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Certes, mais on ne voit pour l'instant aucun réarmement idéologique de la
gauche, notamment en France, celle-ci continuant à hésiter entre repli national
et ouverture au monde, entre gestion et vulgate pseudo-révolutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
Voilà une analyse intéressante tout de même en ce qu'elle traduit bien la
manière dont on peut confondre la gauche et le PS quand on ne se situe pas à
gauche précisément.&lt;br /&gt;
Du coup, je me suis fendue d'un petit commentaire dont je ne suis pas
totalement convaincue que Quatremer autorisera la mise en ligne. Je le copie
donc ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;En tant que gaucho-crypto-bolchévique, je peux donner un point de vue de
gauche, voire de plébéienne qui a voté PS pendant plusieurs générations et qui
a arrêté.&lt;br /&gt;
Le PS implose en plein vol... parce qu'il a cessé d'être le PS, tout
simplement. L'embourgeoisement du personnel politique n'est pas une nouveauté,
le fondateur du PS, Jaurès lui-même, n'avait rien d'un vanupied et ce serait
bien restrictif de s'arrêter à ce constat. Non, ce qui a changé, c'est que le
PS a abdiqué idéologiquement en rase campagne, partout en Europe et a caché
cette soumission à l'ordre économique mondial (profondément élitiste, injuste,
inégalitaire et confiscatoire) sous un vernis de &lt;em&gt;real politic&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
Ce n'est pas tant par populisme ou force de promesses que les conservateurs ont
raflé les voix des prolos, c'est juste que pour le même prix, le petit peuple
qui n'est pas plus bête qu'un autre, préfère encore se payer l'original que la
copie.&lt;br /&gt;
Le PS a oublié depuis longtemps que sa base électorale, ce sont les ouvriers et
les employés, les sans-grade, les scotchés au SMIC et l'indifférence des cadres
du Parti à leur sort après 30 ans de chômage massif qui ont bien sabré les
bases du salariat, cette trahison idéologique et sociologique en a jeté plus
d'un dans les bras du FN, puis dans ceux de Sarko, dont l'équipe a parfaitement
analysé la situation et a taillé un discours sur mesure pour récupérer un max
de déçus de la gauche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le PS en Europe s'est tiré une balle dans le pied et crève de l'hémorragie. Sa
trahison ne mérite même pas une oraison funèbre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
La gauche européenne est donc en train de se reconstruire à la gauche du PS
moribond et sur les entrailles fumantes du PC. La crise capitaliste majeure qui
s'apprête à nous frapper de plein fouet (comme Lagarde a dit que le pire est
derrière nous, on peut à coup sûr s'attendre à l'inverse!) devrait jeter dans
les bras du NPA et des autres les déçus des promesses creuses et du libéralisme
triomphant, dont on avait juste oublié de leur dire qu'il a tendance à se
construire sur le sang et la sueur de plus grand nombre pour le profit d'une
poignée de profiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le PS est mort!&lt;br /&gt;
Vive la Gauche!&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.monolecte.fr/post/2008/09/22/La-fin-de-la-Gauche#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Lisez utile</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/09/19/Lisez-utile</link>
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    <pubDate>Fri, 19 Sep 2008 15:45:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Brouhaha</category>
            
    <description>    &lt;div style=&quot;float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/982399889/&quot; title=&quot;photo sharing&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm2.static.flickr.com/1378/982399889_3c527e1fcc_m.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border: 2px solid rgb(0, 0, 0);&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 0.9em; margin-top: 0;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/982399889/&quot;&gt;Lecture estivale&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Mise en ligne par &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/people/monolecte/&quot;&gt;Le
Monolecte&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
Dans la vie, il y a deux sortes de gens, ceux qui lisent &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2006/09/29/Le-Point-sur-la-table&quot;&gt;Le Point&lt;/a&gt;
et &lt;a href=&quot;http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article130&quot;&gt;les
autres&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
Nous, on préfère faire partie &lt;a href=&quot;http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article1776&quot;&gt;des autres&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://cequilfautdetruire.org&quot;&gt;&lt;img title=&quot;CQFD, sep 2008&quot; style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.monolecte.fr/public/CQFD.png&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Miniver report</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/09/11/Miniver-report</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e18ca01d7c526f274b57cb491df33d23</guid>
    <pubDate>Thu, 11 Sep 2008 11:56:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Pol-éthique</category>
        <category>citoyen</category><category>confiscation démocratique</category><category>démocratie</category><category>inégalités</category><category>justice</category><category>liberté</category><category>lutte</category><category>médias</category><category>politique</category><category>racisme</category><category>syndicats</category><category>violence</category>    
    <description>&lt;p&gt;En vérité, je vous le dis : celui qui croit en Ma Parole sera sauvé, mais le
mécréant qui refuse de regarder en face la lumière de Ma vérité, celui-là, il
va en chier des ronds de chapeaux.&lt;/p&gt;    &lt;h2&gt;Légitimité du doute&lt;/h2&gt;
Comme le dit si bien &lt;a href=&quot;http://premiereslignes.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/09/10/misere-des-emissions-de-bistrot.html&quot;&gt;
Paul Moreira&lt;/a&gt;, quand on produit une télé café du Commerce, on obtient
forcément des brèves de comptoir. &lt;a href=&quot;http://sebmusset.blogspot.com/2008/09/72-heures-dans-la-vie-dun-laquais.html&quot;&gt;Seb
Musset&lt;/a&gt; nous fournit les pièces à &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Conviction&quot;&gt;conviction&lt;/a&gt; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;... &lt;q&gt;si vous regardez ça [&lt;cite&gt;Loose Change&lt;/cite&gt;], vous ne croyez plus
à rien.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Il est juste très très vraisemblable que la version officielle américaine
ne corresponde pas tellement à la réalité, ils refusent tellement - pourquoi
ils ne nous montrent pas les caméras de surveillance qui ont... - ils ont
intérêt à nous montrer un avion qui frappe le Pentagone, non, c'est un missile
américain qui frappe le Pentagone, tout simplement, donc, ils ont provoqué
eux-mêmes, ils ont tué des Américains. On apprend la vérité toujours une
trentaine d'années après, mais là, on le sait maintenant.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
Soyons clairs : Bigard n'est pas ma tasse de thé. L'humour en slip kangourou
qui baille à l'entrejambe me fait parfois bien rire, mais je ne suis vraiment
pas fan de Bigard, que ce soit l'humoriste ou le pote de... d'un autre côté,
tout le monde ne peut pas avoir la classe, le talent et la mesure d'une
&lt;a href=&quot;http://www.plumedepresse.com/spip.php?article512&quot;&gt;Cotillard,
sévèrement burnée&lt;/a&gt; par ailleurs. Mais la question n'est pas là. La question
lancinante est : &lt;strong&gt;au nom de quoi est-il impensable d'exprimer des
doutes&lt;/strong&gt; sur la version officielle du 11 septembre 2001, dont
l'anniversaire tombe étrangement aujourd'hui (admirons mon sens de l'à
propos)?&lt;br /&gt;
Il est aujourd'hui impensable de simplement se poser des questions sur les
failles béantes du &lt;cite&gt;rapport officiel&lt;/cite&gt; pondu en 2004. Bigard a du
manger son slip pour pouvoir continuer à bouffer, Marion a presque été privée
d'Oscar pour crime de lèse-vérité et ne parlons même pas de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Meyssan&quot;&gt;Thierry Meyssan&lt;/a&gt;, le
journaliste qui a osé en France écrire un livre sur les failles du rapport et
qui, depuis, sent littéralement le souffre. D'ailleurs, quiconque cite le nom
de Thierry Meyssan est très probablement un adorateur d'&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Aux_fronti%C3%A8res_du_r%C3%A9el&quot;&gt;X Files&lt;/a&gt;, un
&lt;em&gt;complotiste&lt;/em&gt; forcené, voire un adepte sectaire borné décérébré et en
devient sur-le-champ totalement infréquentable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, il me semble assez légitime d'interroger le réel et encore plus de
soumettre les diseurs de vérité au &lt;a href=&quot;http://www.cvm.qc.ca/encephi/CONTENU/ARTICLES/DOUTE.HTM&quot;&gt;filtre du doute&lt;/a&gt;.
La même administration Bush ne nous a-t-elle pas fourni &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193&quot;&gt;moult preuves quant à
la nécessité d'envahir l'Irak&lt;/a&gt; pour empêcher la prolifération des ADM? Ces
&lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193&quot;&gt;mensonges
d'État&lt;/a&gt;, aujourd'hui avérés, n'ont-ils pas servi à &lt;a href=&quot;http://www.memoireonline.com/01/07/324/m_droit-a-la-guerre-preventive-reflexion-legalite-legitimite-du-concept10.html#toc21&quot;&gt;
légitimer une guerre illégale&lt;/a&gt;? Pourtant, il ne s'agit pas là d'un mensonge
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_en_Irak_%282003-2005%29#Cons.C3.A9quences&quot;&gt;
sans conséquence&lt;/a&gt;, puis qu'au 8 septembre 2008, l'invasion de l'Irak a déjà
coûté la vie à 4155 soldats côté envahisseurs, plus 30­568 blessés, sans
compter (qui les compte, d'ailleurs?) les Irakiens dont la vie a été
abruptement abrégée que ce soit directement (bombes, balles and co) ou
indirectement (blocus, exode), les chiffres oscillants entre 130000 et plus
d'un million de morts...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h2&gt;La possibilité du doute&lt;/h2&gt;
Pour appuyer la vérité officielle indéboulonnable, il y a &lt;a href=&quot;http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019103207&amp;amp;dateTexte=&amp;amp;oldAction=rechJO&quot;&gt;
Edvige&lt;/a&gt;. Prénom féminin charmant qui cache un système qui permet de :&lt;br /&gt;
&lt;blockquote cite=&quot;http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019103207&amp;amp;dateTexte=&amp;amp;oldAction=rechJO&quot;&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;De centraliser et d'analyser les informations relatives aux personnes
physiques ou morales &lt;em&gt;ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat
politique, syndical ou économique&lt;/em&gt; ou qui jouent un rôle institutionnel,
économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces
informations soient nécessaires au gouvernement ou à ses représentants pour
l'exercice de leurs responsabilités ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;De centraliser et d'analyser les informations relatives aux individus,
groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité
individuelle ou collective, &lt;strong&gt;sont susceptibles de porter atteinte à
l'ordre public&lt;/strong&gt; ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;De permettre aux services de police d'exécuter les enquêtes administratives
qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour &lt;strong&gt;déterminer
si le comportement&lt;/strong&gt; des personnes physiques ou morales intéressées est
compatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/blockquote&gt;
Il ne s'agit pas là de ficher les délinquants notoires sur la base de
&lt;ins&gt;faits établis&lt;/ins&gt;, comme c'est le cas du casier judiciaire, mais de
collecter des données très personnelles sur des personnes a priori
respectueuses des lois, en fonction de leurs engagements sociaux ou la
possibilité qu'éventuellement, un jour, elles puissent ne plus être si
respectueuses des lois. Militants, opposants, syndicalistes, il s'agit
clairement de &lt;strong&gt;surveiller les personnes en fonction de leurs opinions et
engagements&lt;/strong&gt;! Autrement dit, tu n'as encore rien fait, mais tes
activités citoyennes nous laissent penser qu'a priori, il est nécessaire de te
ficher, juste au cas où... ou comment &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Minority_Report&quot;&gt;Minority Report&lt;/a&gt; vient de
basculer dans le champ de la réalité.&lt;br /&gt;
Face à l'&lt;a href=&quot;http://nonaedvige.ras.eu.org/&quot;&gt;opposition grandissante&lt;/a&gt; à
ce &lt;a href=&quot;http://frederic-rolin.blogspirit.com/archive/2008/09/09/fichier-edvige-un-pas-de-plus-vers-la-soft-dictature.html&quot;&gt;
concept purement liberticide&lt;/a&gt;, le miniver du microcéphale tente de &lt;a href=&quot;http://afp.google.com/article/ALeqM5ja1i46GvNoj9CCw3rX1zTGe8J63g&quot;&gt;calmer les
esprits et désamorcer les critiques&lt;/a&gt; en proposant quelques retouches
cosmétiques à la marge, voire même de la poudre aux yeux, escomptant que
personne n'aille lire le texte de loi. Ainsi, le droit à l'oubli pour les
mineurs... est prévu dans le texte d'origine pour tous, puisque les données ne
peuvent être conservées plus de 5 ans... et que les questions relatives à la
sexualité et à la santé n'étaient pas abordées dans le texte... Bien plus qu'un
déficit d'informations, une bien belle démonstration d'enfumage qui ne change
rien du tout au principe fondamental du texte : rendre éminemment suspecte
toute activité civique ou militante et mettre concrètement en place une police
de la pensée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h2&gt;Nous avons les moyens de te faire crever&lt;/h2&gt;
Ne pas remettre en question, ne même pas émettre de doute sur la vérité
officielle sous peine d'être lynché médiatiquement, ne pas s'investir dans la
vie publique et citoyenne sous peine de devenir un suspect potentiel, il s'agit
déjà là de ce que l'on pourrait appeler des signaux extrêmement forts sur
l'état réel de notre paradigme démocratique contemporain. Mais le champ de
l'intrusion de la suspicion généralisée (enfin surtout &lt;a href=&quot;http://www.cairn.info/revue-informations-sociales-2005-6-page-40.htm&quot;&gt;concentrée
sur les classes dangereuses&lt;/a&gt;) vient de trouver un ancrage très éclairant
dans &lt;a href=&quot;http://www.collectif-rto.org/spip.php?article680&quot;&gt;les nouvelles
méthodes d'investigation enseignées au contrôleurs de la CAF&lt;/a&gt;, lesquelles
visent à traquer &lt;em&gt;l'intentionnalité subversive&lt;/em&gt; de ces félons de
pauvres. Autrement dit, il ne sera plus franchement nécessaire d'étayer une
décision de privation d'un pauvre de ses subsides sur des faits établis et des
preuves concrètes, mais d'identifier des postures ou des tics langagiers qui,
selon une méthode de psychologie sociale de comptoir (mais sous
copyright !) qui n'a rien à envier aux approximations des gourous de la
&lt;a href=&quot;http://www.pseudo-sciences.org/article.php3?id_article=153&quot;&gt;PNL&lt;/a&gt;,
trahissent &lt;a href=&quot;http://www.ac.eu.org/spip.php?article1724&quot;&gt;&lt;em&gt;l'intentionnalité subversive de
la fraude&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
Et quand on sait que la CAF se réserve le droit de suspendre immédiatement les
prestations en cas de simple soupçon de fraude, on comprend mieux tout
l'intérêt de mettre en place des méthodologies de contrôles qui n'ont même plus
besoin de s'appuyer sur des faits pour étayer le fameux soupçon de
fraude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se gratter la joue avec le majeur peut aussi bien signifier qu'on est &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x5tpw7_baracknophobie-jon-stewart-the-dail_news&quot;&gt;
un candidat noir à la présidence des USA&lt;/a&gt; qui veut réduire les blancs en
esclavage ou qu'on est en train de se payer la tête du contrôleur de la CAF et
qu'il convient d'immédiatement nous couper les vivres. Peut-être même que nous
sommes un révisionniste complotiste militant qui s'ignore bon à excommunier et
à coller dans Edvige.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que le modèle capitaliste s'enfonce de manière de plus en plus évidente
dans une crise structurelle majeure (et non conjoncturelle comme on tente de
nous le vendre), alors que la pauvreté et les inégalités explosent sous le joug
de la dictature du profit à tout prix, alors que les machines financières se
sont emballées hors de tout contrôle et réclament pourtant de moins en moins de
règles et de contraintes comme remède au chaos, l'étau de la &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_de_contr%C3%B4le&quot;&gt;société de
contrôle&lt;/a&gt; se referme inexorablement sur les citoyens dans un régime qui
banalise le délit d'opinion, le crime de lèse-majesté et la culpabilité a
priori, dans le règne absolu de l'arbitraire et du soupçon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miniver vous salue bien...&lt;br /&gt;
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      </item>
    
  <item>
    <title>Bénévole</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2008/09/03/Benevole</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:5bab240e166d6e482dfe76236ba95984</guid>
    <pubDate>Wed, 03 Sep 2008 10:46:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Carnets de chômage</category>
        <category>ANPE</category><category>chroniques</category><category>citoyen</category><category>discours</category><category>inégalités</category><category>pauvreté</category><category>société</category><category>travail</category>    
    <description>&lt;p&gt;L'idée phare du RSA, dont on attend avec impatience les décrets
d'application afin d'en saisir toutes les subtiles nuances, c'est qu'il faut
donner un complément de salaire pour inciter les bénéficiaires de minima
sociaux à retourner au turbin.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://protection-civile.org/fnpc/images/2008-06-15_Affiche_Congres_2008_V2.jpg&quot;&gt;
&lt;img style=&quot;max-width: 300px;&quot; src=&quot;http://protection-civile.org/fnpc/images/2008-06-15_Affiche_Congres_2008_V2.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
Déjà, en soi, ce point de départ est un constat des plus intéressants. Il
signifie que même les gougnafiers les plus conservateurs de notre pays ont fini
par remarquer ce que &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.actuchomage.org/&quot;&gt;nous
dénonçons&lt;/a&gt; depuis des années, à savoir l'indigence des salaires proposés aux
travailleurs en recherche d'emploi et le fait que &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2007/01/03/Le-precariat-contre-le-salariat&quot;&gt;bosser ne protège plus du
tout de la pauvreté&lt;/a&gt;, voire rend encore plus pauvre, ce qui est à la fois
paradoxal et éclairant.&lt;br /&gt;
En deuxième lecture, ce dispositif présente le bénéficiaire de minima sociaux
comme &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2008/05/07/Et-mon-cul-sur-ton-nez-ca-te-fera-une-paire-de-lunettes-a-rationalite-economique&quot;&gt;
un être rationnel&lt;/a&gt; qui refuse de bosser à perte, ce que l'on pourrait
comprendre. Pourtant, tous ces brillants diagnostiques se fourrent le doigt
dans l'œil jusqu'au coude, puisque dans les faits, c'est surtout le manque
d'emplois et la pression patronale sur les salaires qui créent des pauvres à la
pelle et quelques rentiers de plus en plus morfals à l'autre bout du spectre
social.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces histoires de pauvres et de propension à bosser qui augmenterait avec le
revenu m'ont rappelé un entretien que j'ai mené il y a quelques mois et dont
j'aimerais vous restituer l'esprit à défaut d'en avoir la lettre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h2&gt;Au service des autres&lt;/h2&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai rencontré Michèle (appelons-la Michèle) il y a quelques mois, à l'occasion
d'un papier sur le secourisme.&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://protection-civile.org/fnpc/index.jsp&quot;&gt;Les secouristes&lt;/a&gt;, ce
sont ces gens en bleu et orange qui font vaguement penser à des pompiers et que
l'on rencontre régulièrement embusqués autour de manifestations diverses et
variées, comme les courses landaises, les matches de rugby ou les festivals
d'été. On sait qu'ils sont là pour ramasser ceux qui sont terrassés par un coup
de chaud ou un coup de trop, mais c'est à peu près tout. Or, &lt;a href=&quot;http://protection-civile.org/fnpc/MenuAction.do?articleid=1&quot;&gt;la Protection
civile&lt;/a&gt;, c'est une énorme association déclarée d'intérêt public depuis 1996,
qui réunit plus de 32 000 bénévoles et dont les missions vont du secours aux
personnes à la formation en passant par l’aide humanitaire et sociale aux
premiers secours sur le territoire national et à l’étranger. En plus de tout
cela, leur présence (ou celle des pompiers, mais ceux-là sont déjà bien pris
par ailleurs) est maintenant obligatoire sur les manifestations culturelles
et/où sportives du territoire, autrement dit, sans eux, il ne se passerait plus
grand-chose d'intéressant dans notre beau pays ou cela signifierait
immanquablement le recours à un service sanitaire privé et donc inabordable
pour bien des évènements. Enfin, les secouristes, se sont aussi ceux qui se
sont cognés le nettoyage des plages souillées par l'Érika, qui sont allés
ramassé les morceaux sur le site d'AZF ou sur les plages d'Asie après le
tsunami de 2004, qui sont partout où cela va mal et où on l'on est bien content
de voir une main secourable se tendre vers soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Michèle a la petite cinquantaine pimpante, brushing platine impeccable, ongles
soigneusement manucurés, maquillage discret bien que manifestement élaboré dans
les années 70. Elle est présidente d'une antenne locale depuis plusieurs
années, très investie dans le mouvement depuis bien longtemps, pas avare de son
temps et de son énergie. Elle a toujours un petit sac bouclé, prête à partir
d'une minute à l'autre au bout du monde si une feuille de route émise par la
Préfecture le lui demande. Michèle est une personne volontaire, passionnée,
disponible et discrète tout à la fois, habitée par sa mission : &lt;q&gt;Être au
service de mes concitoyens et voyager&lt;/q&gt;. C'est donc à ce moment que je lui
demande fort logiquement comment nait une telle vocation :&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;C'est l'assistance sociale qui nous a demandé de monter un
projet.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;L'assistante sociale?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Oui, à l'époque j'étais au RMI et j'élevais seule mes enfants. À ce
moment-là, les AS pensaient que monter un projet bénévole était une bonne
manière de repartir vers l'emploi. J'ai donc créé un point repos pour les fêtes
patronales, mais je me suis vite heurtée à mes propres insuffisances et j'ai
fait appel à la Protection civile pour apprendre les gestes de premiers
secours.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Michèle tient son point repos pendant quelques années, puis finit par reprendre
l'antenne locale de la Protection civile qui était en sommeil avec une poignée
d'autres volontaires encadrés par quelques pompiers. Les volontaires se
déploient alors sur les principaux gros évènements et compétitions du
coin.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Mais sans vous, ces gros évènements du coin ne sont pas possibles
?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Non, ils n'auraient pas eu les autorisations nécessaires.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Mais pourquoi avez-vous arrêté de couvrir le grand raout ?&lt;/q&gt; (Nom de
code pour désigner l'ensemble des plus grosses manifs de la région, événements
qui drainent un public fourni et payant!)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Parce que le directeur [du grand raout] a refusé de payer sa
participation à nos frais.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Je ne comprends pas : son bidule génère des millions d'euros et vous,
vous couvrez juste vos frais?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Oui, nous sommes tous bénévoles. Nous faisons cela sur notre temps
libre.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Vous m'avez dit que vous étiez au RMI au début de l'aventure. Et
maintenant, que faites-vous?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Je suis retraitée.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Oups, au temps pour moi et ma &lt;em&gt;petite cinquantaine pimpante&lt;/em&gt;.
Manifestement, le bénévolat actif, ça conserve!&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Mais avec tout ce que vous avez fait pour la communauté, vous avez bien
fini par retrouver un boulot?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Non.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Jamais en 15 ans?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Non, jamais.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Je ne comprends pas : tout le monde vous connaît par ici, tout le monde
sait que vous êtes volontaire, compétente, que vous avez un tas de qualités que
vous avez à cœur de mettre au service des autres et pendant toutes ces années,
vous avez continué de vous démerder avec un RMI?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Oui.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Personne ne vous a jamais proposé un vrai boulot?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Non. Et aujourd'hui je vis avec le minimum vieillesse.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Et pourtant vous continuez.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Oui et j'espère continuer longtemps.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd'hui, en France, il y a &lt;a href=&quot;http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/le-nombre-de-benevoles-en-france-dans-les-associations_113971.html&quot;&gt;
entre 11 et 13 millions de bénévoles&lt;/a&gt;, certains à raison de quelques heures
par mois, d'autres en font pratiquement une deuxième journée. Parmi eux, nombre
de précaires et &lt;a href=&quot;http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;amp;obj=livre&amp;amp;no=18968&quot;&gt;
de chômeurs&lt;/a&gt; qui se cherchent une utilité sociale et peut-être un point
d'ancrage dans le tissu social, une passerelle vers le retour au sacro-saint
salariat. Avec, probablement des fortunes diverses, comme l'illustrait mon
petit reportage.&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.associa-web.com/article.php3?id_article=28&quot;&gt;Le bénévolat
des chômeurs est confirmé par la loi du 29 juillet 1998&lt;/a&gt;, et il parait qu'il
est toujours bien de faire preuve de son engagement social aux yeux des
employeurs potentiels, mais dans les faits, l'intensification du contrôle des
chômeurs en conduit plus d'un à &lt;a href=&quot;http://www.actuchomage.org/index.php?name=PNphpBB2&amp;amp;file=viewtopic&amp;amp;t=5948&amp;amp;highlight=b%E9n%E9volat&quot;&gt;
cacher soigneusement son engagement associatif&lt;/a&gt; afin de n'être pas soupçonné
par le &lt;del&gt;Politburo&lt;/del&gt;l'ANPE de ne pas consacrer le temps nécessaire à sa
recherche d'emploi active.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors, du coup, je suis assez dubitative quant à l'efficacité du RSA : financer
avec l'argent public des boulots de merde car ne permettant de passer au-dessus
du seuil de pauvreté, alors que dans le même temps, il y a des millions de gens
qui sont prêts à faire des miracles pour des clous... pas sûre qu'on ait pris
le problème par le bon bout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;h3&gt;Dossier RSA :&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.tv5.org/TV5Site/info/article-Le_gouvernement_exclut_de_retirer_du_bouclier_fiscal_la_taxe_RSA.htm?idrub=7&amp;amp;xml=newsmlmmd.a454d449d16618fedcfb5194d8425fca.301.xml&quot;&gt;
Le gouvernement exclut de retirer du bouclier fiscal la taxe RSA&lt;/a&gt;.
&lt;em&gt;TV5.org&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ac.eu.org/spip.php?rubrique202&quot;&gt;RSA Revenu de
Solidarité Active&lt;/a&gt; - AC ! - Agir ensemble contre le chômage.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/social/20080829.OBS9281/rsa__le_figaro_propose_de_supprimer_lame.html?idfx=RSS_notr&quot;&gt;
RSA : Le Figaro propose de supprimer l'AME&lt;/a&gt;. &lt;em&gt;Nouvel Obs&lt;/em&gt;, Août
29.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Autain, Clémentine. &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/rebonds/348166.FR.php&quot;&gt;Le RSA : trappe à précarité
?&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt;, vendredi 29 août 2008 edition.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;BORRITS, Benoit. 2008. &lt;a href=&quot;http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7056&quot;&gt;Le RSA de Hirsch-Sarkozy ou
quand la gauche oublie ses fondements...&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Le Grand Soir&lt;/em&gt;. Août
29.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Dorival, Camille, et Philippe Frémeaux. 2007. &lt;a href=&quot;http://www.alternatives-economiques.fr/le-rsa-sert-il-a-quelque-chose-_fr_art_473_31465.html&quot;&gt;
Le RSA sert-il à quelque chose ?&lt;/a&gt; . &lt;em&gt;Alternatives Economiques&lt;/em&gt;,
Septembre, n°261 edition.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Fayolle, Jacky. &lt;a href=&quot;http://www.laviedesidees.fr/Le-RSA-une-voie-d-insertion-dans.html&quot;&gt;Le RSA, une
voie d’insertion dans le monde salarial ?&lt;/a&gt; &lt;em&gt;La vie des idées&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Filoche, Gérard. 2008. &lt;a href=&quot;http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3603&quot;&gt;Mais non, nous ne
félicitons pas Sarkozy pour le RSA !&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Oulala.net&lt;/em&gt;. Août 28.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Malakine. &lt;a href=&quot;http://horizons.typepad.fr/accueil/2008/08/la-face-cache-d.html&quot;&gt;La face
cachée du RSA&lt;/a&gt;. &lt;em&gt;HORIZONS&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Napakatbra. 2008. &lt;a href=&quot;http://www.lesmotsontunsens.com/critique-financement-rsa-le-sandwich-social-a-l-arriere-gout-d-harissa&quot;&gt;
Le RSA, le sandwich social à l'arrière goût d'Harissa&lt;/a&gt;. &lt;em&gt;Les Mots ont un
sens&lt;/em&gt;. Septembre 1.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Paugam, Serge. 2008. &lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/club/blog/serge-paugam/290808/rsa-la-naissance-d-un-regime-de-precarite-assistee&quot;&gt;
RSA : la naissance d’un régime de précarité assistée&lt;/a&gt;. &lt;em&gt;Mediapart&lt;/em&gt;.
Août 31.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Piketty, Thomas. &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/rebonds/chroniques/economiques/349424.FR.php&quot;&gt;Revenu
de solidarité active : l’imposture&lt;/a&gt;. &lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt;, 2008-09-02
edition.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Raveaud, Gilles. 2008. &lt;a href=&quot;http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2008/08/28/le-rsa-ce-nest-pas-la-justice-sociale/&quot;&gt;
Le RSA, ce n'est pas la justice sociale&lt;/a&gt;. &lt;em&gt;L'économie politique&lt;/em&gt;.
Août 28. .&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Rocard, Michel. 2008. &lt;a href=&quot;http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/social/20080830.OBS9408/rocard__larrivee_du_rsa_est_une_bonne_nouvelle.html?idfx=RSS_notr&quot;&gt;
Rocard : l'arrivée du RSA est une &amp;quot;bonne nouvelle&amp;quot;&lt;/a&gt;. &lt;em&gt;Nouvel Obs&lt;/em&gt;,
Août 30.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;de Roc