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#1 27-07-2007 08:36:52

Agathe
Administrateur
Lieu: Gascogne
Date d'inscription: 18-05-2003
Messages: 406
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Inné et acquis

Un article passionnant à lire sur Philomag, dont voici un extrait pour vous mettre en bouche :

Deux précisions sont nécessaires pour éviter tout malentendu sur les conditions de notre vie en société.
D'abord, la liberté politique ne doit pas être confondue avec le libre arbitre. Elle ne s'oppose pas au déterminisme absolu de la nature, mais aux contraintes exercées par le pouvoir ou par d'autres dans la société et susceptibles notamment de limiter la liberté de penser et de connaître.
Les libertés politiques, notamment les libertés individuelles, sont un acquis de la démocratie – et de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme – qui facilite la recherche de la liberté mais qui ne la garantit pas. Au XXe siècle, la libération de la condition féminine et la libération sexuelle sont des exemples parmi les progrès – sinon les révolutions – qui ont le plus marqué l'évolution de la modernité. Mais elles ne sont pas toujours l'expression d'une vraie liberté. Elles n'empêchent pas le désir d'être aliéné, comme dans la consommation, par des effets d'imitation, de conformisme et de pressions sociales, telles que par exemple une quasi-injonction de jouir. Nous découvrons souvent après coup que certains de nos désirs n'étaient pas aussi libres qu'on l'avait cru, sans que, pour autant, ils aient été déterminés génétiquement. Les gènes, réels ou imaginaires, ne sont pas les seuls à aliéner nos désirs. Mais tout cela vaut encore mieux, évidemment, que la contrainte plus ou moins brutale de nos désirs par des désirs d'autrui, et c'est le grand mérite des libertés politiques de nous protéger contre ces contraintes, même dans un monde où le libre arbitre serait une illusion.
Ensuite, la responsabilité morale et juridique doit être dissociée de la notion classique, d'origine théologique, qui veut que nous ne soyons responsables que de ce que nous avons choisi librement. La responsabilité n'est pas liée au libre arbitre. Nous sommes responsables aussi – bien que pas nécessairement coupables – de ce que nous n'avons pas choisi (et même, à la limite, de ce que nous sommes). Ceci est d'ailleurs reconnu pour la responsabilité civile, administrative et politique. Seule la responsabilité pénale emboîte le pas d'une responsabilité morale qui ne saurait être reconnue que si le délit a été commis "librement", ce que l'on admet sans discussion dès lors qu'il n'a pas été commis dans un état "d'abolition du discernement". Or l'application de cette règle "d'irresponsabilité" pénale associée à l'absence de libre arbitre, présumée anormale et due à un discernement aboli, est de plus en plus difficile à appliquer. Les experts psychiatres ont de plus en plus de mal à ne pas voir les causes évidentes, de natures diverses, biologiques, hormonales et autres, sociales, psychologiques, aux comportements délictuels ou criminels, alors même qu'un discernement apparemment normal a pu aider, préméditer et planifier le délit. Les rapports entre pathologie et criminalité sont de plus en plus évidents, tandis que les comportements "normaux" apparaissent eux-mêmes, aussi, de plus en plus déterminés. Devant cet état de choses, une réforme en profondeur du droit pénal apparaît nécessaire à de plus en plus d'experts, avec, entre autres, une réflexion renouvelée sur la finalité de la peine, qui ne peut plus être une punition automatique d'un choix supposé "libre" d'avoir transgressé.


cordialement,
l'administrateur

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