lundi 28 juin 2004, 19h11

La méthode Sarkozy "convient à l'Etat de notre pays", selon Ernest-Antoine Seillière

PARIS (AP) - Le président du Medef, Ernest-Antoine Seillière, estime dans un entretien publié mardi dans le quotidien économique "La Tribune" que la "méthode Sarkozy", du nom du ministre de l'Economie, "convient à l'Etat de notre pays". Il se prononce par ailleurs pour une renégociation des 35 heures "de manière dérogatoire à la loi".

"Il y a une méthode Sarkozy, qui consiste à traiter les problèmes rapidement, à agir partout où une occasion de réforme se présente. La société française doit être harcelée de réformes", souligne le patron des patrons. "Or, le ministre de l'Economie saisit toutes les opportunités avec pragmatisme, et sans idéologie particulière."

M. Seillière, qui avait déjà comparé l'actuel hôte de Bercy à Zinedine Zidane, ne prend toutefois pas explicitement parti dans le bras de fer entre chraquiens et sarkozystes pour la succession d'Alain Juppé à la tête de l'UMP.

Interrogé sur le projet du ministère de l'Economie, qui souhaite échanger un assouplissement des 35 heures contre des économies sur les allègements de charges, il observe que "ce qu'on imagine être un donnant-donnant est un donnant-prenant".

"Aujourd'hui, confronté à des déficits excessifs, l'Etat, hésitant à s'attaquer à la dépense publique improductive, rêve de reprendre aux entreprises ce qu'il s'est engagé à compenser", dénonce le patron du Medef. "Si on fait cela, on manquera à la parole de l'Etat, on renchérira le coût du travail et on provoquera du chômage".

A ses yeux, "il faut donner à l'entreprise la capacité de négocier sur le temps de travail de manière dérogatoire à la loi". Autrement dit, le Medef demande "la liberté retrouvée pour déterminer la durée et la rémunération du travail dans l'entreprise ou dans la branche".

Tout en se réjouissant que l'on cumule "trois ans sans rendez-vous électoral, avec une majorité législative évidente et des institutions qui fonctionnent", M. Seillière souhaite que l'on profite de ces facteurs favorables pour "avancer sur la voie de la modernisation de la France".

"Il faut faire la réforme de l'Etat, car c'est dans la dépense publique que se situe la grande exception française. Nous avons 18,1% du PIB prélevé sur les entreprises, record du monde", souligne-t-il. "La deuxième voie de réforme concerne le marché du travail. Le plan Borloo (présenté mercredi en conseil des ministres, NDLR) s'adresse en priorité à certains sujets liés à l'exclusion. Il doit traiter aussi la réforme de l'assurance-chômage". AP

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